Belgique

Des travaux ou un achat immobilier à financer ? Votre assurance groupe pourrait vous servir

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01 déc. 2022 à 16:07Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet, avec W. Fayoumi

C’est une possibilité encore peu connue mais de plus en plus de personnes semblent s’y intéresser, par exemple pour financer des travaux destinés à améliorer les performances énergétiques de leur habitation. A côté du "classique" crédit hypothécaire, une autre possibilité existe pour financer des travaux de rénovation ou l’achat d’un bien immobilier. Sous certaines conditions, le capital constitué dans le cadre d’une assurance groupe, ce qu’on appelle le deuxième pilier, peut être utilisé en partie.

La première condition : bénéficier d’une assurance groupe (deuxième pilier de pension)

L’assurance groupe, ou deuxième pilier de pension, c’est une assurance à laquelle souscrit un employeur pour ses salariés. Il existe aussi des formules destinées aux indépendants. C’est de l’argent qui est, année après année, versé par l’employeur et placé par la compagnie d’assurances dans le but de générer des intérêts. Cet argent finit par constituer un capital auquel le salarié accède au moment de la pension.

Certes, tous les salariés n’ont pas accès à ce deuxième pilier de pension. Si la pratique est répandue depuis longtemps dans certains secteurs d’activité et entreprises, dans d’autres c’est le cas depuis moins longtemps, voire pas encore le cas du tout. Le deuxième pilier de pension n’est en effet pas obligatoire. De plus, les montants auxquels peuvent prétendre les salariés qui disposent de ce système varient selon les cas. Tout dépend, par exemple, des montants que l’employeur est prêt à verser dans cette assurance groupe.

Puiser dans le capital disponible pour financer les travaux ou l’achat immobilier

Ce capital que le salarié touchera lors de son départ à la pension peut être mobilisé avant cette échéance si le salarié souhaite rénover un bien immobilier ou en acheter un.

Il faut toutefois que le bien concerné soit situé dans un pays de l’espace Shengen.

Le montant que le salarié pourra prélever de son assurance groupe pour financer son investissement immobilier dépendra de l’argent déjà placé dans l’assurance groupe. Ce système est donc plutôt envisageable pour une personne pour laquelle on a déjà versé un certain capital dans le contrat de pension complémentaire.

La plupart des règlements des plans de pension prévoient la possibilité de prélever 60 à 75% de la réserve qui a été constituée. Il y a un montant minimum à prélever qui est de 5000 euros. Un salarié avec plus d’ancienneté ou disposant d’un contrat d’assurance groupe plus "généreux" qui aurait une réserve de 100.000 euros dans son assurance groupe pourrait ainsi en prélever au maximum 75.000 euros pour un investissement immobilier.

Les avantages de cette formule ?

Par rapport à un prêt hypothécaire que l’on contracterait, il y a des avantages.

Le premier, c’est le remboursement. Il sera plus flexible que dans le cadre d’un prêt hypothécaire. "L’argent est immédiatement disponible et peut être remboursé à tout moment. Il y a donc une flexibilité totale. Si l’assuré le souhaite, il rembourse seulement au moment où il prend sa retraite", explique Marleen Fouquaert, spécialiste de ce type de produits auprès de la compagnie d’assurances Vivium (Groupe P&V).

Autre avantage, par rapport à un prêt hypothécaire, il n’y a pas de frais de notaire à prévoir. "Il n’y a pas de frais de notaire ni de droits d’enregistrement, nous demandons uniquement des frais de dossier de 150 €, et il n’y a pas besoin de garanties. L’avance vous est accordée sur simple demande", explique Marleen Fouquaert, de Vivium.

L’avance est en principe aussi accordée sur simple demande.

L’avance doit-elle être remboursée ?

Une fois l’avance sur assurance groupe versée au salarié, le capital pension est diminué du montant de l’avance obtenue.

Cette avance reste un prêt. Donc des taux d’intérêt sont applicables. Ils varient d’un assureur à l’autre. Une compagnie a, par exemple, des taux différents en fonction des contrats souscrits. Une autre réclamera, par exemple, le taux d’intérêt dont l’assuré bénéficie sur son capital pension, majoré de 1%, avec un minimum 2% au total. Cela peut malgré tout rester une bonne affaire surtout si les taux hypothécaires remontent comme c’est le cas actuellement.

Enfin, le remboursement du capital est aussi très flexible. Il peut être remboursé totalement ou partiellement, voire pas du tout.

Evidemment, une fois l’avance obtenue, si le bénéficiaire ne reconstitue pas le capital de son assurance groupe, c’est cela de moins qu’il touchera à la pension. Ce qu’il gagnerait aujourd’hui, en finançant par exemple une installation de chauffage plus performante ou des travaux d’isolation, il ne l’aura plus dans la poche au moment de la retraite. A chaque personne d’estimer ce qui est le mieux pour elle.

Notons aussi qu’il faudra rembourser l’avance perçue si l’on se sépare de l’immeuble pour lequel elle a été faite.

En tout cas, la formule semble séduire de plus en plus. "Avec la crise des matériaux et des prix de l’énergie, nous recevons de plus en plus de monde pour installer par exemple une pompe à chaleur, des panneaux solaires, ainsi que des matériaux d’isolation. Nous avons constaté une augmentation de demandes considérable cette année, et encore plus au niveau de l’assurance de groupe pour indépendants. J’ai vu une augmentation d’à peu près 45% de demandes", explique Marleen Fouquaert.

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