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Des vidéos d’agressions de policiers partagées sur les réseaux sociaux à Bruxelles, « on nous attire dans des guets-apens »

Capture d’écran Instagram

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Ces dernières semaines, en Région bruxelloise de nombreux faits de délinquance sont publiés sur les réseaux sociaux, sur des comptes Instagram notamment. On peut y voir des poubelles incendiées, des feux d’artifice sur la voie publique et des altercations musclées avec la police. L’un de ces comptes possède plus de 14.000 abonnés. Le propriétaire publie les vidéos que ses followers lui envoient. Comme une course aux vues, certains groupes urbains n’hésitent plus à s’attaquer aux uniformes pour partager ces scènes.

Des guets-apens pour les vues ?

Tard dans la soirée du 6 au 7 juin, l’inspecteur Vandersmissen et son équipe sont appelés pour des feux signalés sur le parvis Saint-Antoine à Forest. Leur mission est de sécuriser les lieux pour laisser libre cours à l’intervention des pompiers sur place. Ce soir-là, ils arrivent dans un quartier sombre. Les lumières du quartier ont été visiblement sabotées. "Et là, à peine entrés sur le parvis et pas encore débarqués des véhicules, nous avons essuyé plusieurs jets de projectiles, des cailloux et des barrières Nadar", se souvient l’inspecteur. "Dans le jargon policier, on appelle cela un guet-apens. Cela nous arrive régulièrement sur les communes de Forest, Anderlecht et Saint-Gilles", précise-t-il.

Selon les policiers, ces attaques n’ont pas vraiment de cause, de vengeance ou d’autres mobiles. Une hypothèse pourrait peut-être se cacher dans la publicité que ces actes ont sur les réseaux sociaux. "On peut très vite se retrouver avec des groupes relativement importants pour contempler ou filmer l’intervention. Ces personnes vont parfois jusqu’à poster la vidéo sur leurs réseaux sociaux", explique Laurent Sartorius, le directeur opérationnel de la Zone Midi. En effet, dans ce cas-ci, plusieurs vidéos de l’évènement se sont retrouvées sur Instagram.

Un effet boule de neige ?

Des agressions avec la police mais aussi des actes de vandalisme se retrouvent sur la toile. "On en retrouve de plus en plus sur les réseaux sociaux", complète Jurgen De Landsheer, le chef de corps de la zone de police. "Cela a un effet boule de neige. Si les gens derrière leur écran encouragent ces jeunes à faire ces actes, il y aura de plus en plus de faits de délinquance. Cela doit cesser", s’inquiète le chef de la police. Quelques propriétaires de comptes Instagram partagent également des vidéos d’interventions policières en temps réel. "Cela participe au sentiment de défiance envers la police qu’entretient une certaine partie de la population", conclut le chef de la police.

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