La Grande Forme

Deuil d'un proche : comment y faire face et s'en sortir ?

Comment gérer le deuil ?

© Getty Images

10 déc. 2021 à 14:53Temps de lecture3 min
Par Caroline Depuydt & Daphné Fanon

Faire son deuil peut être particulièrement difficile. Généralement, les personnes qui le vivent se sentent seules avec leur douleur. Les proches ne savent pas trop comment apporter leur aide, ou quels comportements adopter. Pour surmonter cette épreuve, il faut avant tout se laisser du temps. Le point avec le Dr Caroline, psychiatre et médecin référente dans "La Grande Forme."


►►► À lire aussi : Et si le deuil était également une occasion de renaître à soi ?


Lorsqu’on vit un deuil, beaucoup d’émotions se bousculent. Ce qui laisse place à une immense confusion. Faire son deuil, cela nécessite de passer par plusieurs étapes. Ces étapes sont développées dans les ouvrages issus des recherches d’Elisabeth Kubler Ross, psychiatre, qui a travaillé au sein d'unités de soins palliatifs. Elle a décrit les étapes que traverse quelqu’un qui vit un deuil (ou qui apprend qu’il va mourir).

Les sept étapes du deuil :

1. Le choc, cette première étape représente le moment où l’on apprend le décès. On est littéralement en état de choc et on est sidéré par l’information.

2. Le déni. On n’y croit pas tout à fait. Cette période est plus ou moins longue en fonction des personnes. Quelqu’un qui est dans le déni peut continuer à mettre le couvert pour la personne décédée, laisser ses affaires intactes, vouloir communiquer avec le défunt via un médium… La personne cherche à garder un contact, une relation même indirecte avec la personne disparue

3. La colère peut être dirigée contre soi, contre la personne disparue ou contre les autres. On se rend compte qu’il n’y a pas de retour en arrière possible. On peut avoir tendance à chercher un coupable, un responsable à cette mort. On peut se lancer dans des poursuites judiciaires

4. La douleur, la tristesse qui peut aller jusqu’à un sentiment de désespoir. On ne se voit pas d’avenir, cette phase peut aller jusqu’à la dépression. Cette phase peut arriver huit à dix mois après le décès. Cela peut surprendre, la douleur est plus aiguë, la personne endeuillée a le sentiment de régresser, d’autant que l’entourage est à ce moment-là moins présent.

5. La résignation. On concède cette vérité, on s’y résigne : "Cet être que j’aime est mort, c’est la vie."

6. La résignation peut laisser place à l’acceptation, on intègre l’information de cette perte irrémédiable, on l’accueille et on l’accepte. On peut avoir accès aux bons souvenirs liés à l’être disparu.

7. La reconstruction. Le temps fait son œuvre, on reprend confiance en soi, en la vie et en la possibilité d’un futur sans l’autre.

Connaître ces étapes s’avère utile tant pour les personnes touchées par le deuil, que pour les prochesPerdre quelqu’un est un vécu très particulier, auquel on ne peut pas se préparer et qui suscite parfois des émotions très violentes. Il faut savoir que chaque personne vivra le deuil à sa façon, certaines étapes peuvent être plus ou moins longues, ou arriver dans un ordre différent.

Psycho: comment vivre le deuil d’un être proche ?

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Quelques conseils pour la personne en deuil

  • L’important est de mettre des mots sur ce que l’on vit, et de l’exprimer, d’une façon ou d’une autre, à ses proches ou à un psy.
  • Ne pas hésiter à parler du défunt, à raconter des souvenirs, des anecdotes.
  • Se faire aider par rapport à l’administratif ou quand il s’agit de trier les affaires de la personne disparue.
  • Faire d’autres choses, cela occupe l’esprit, même si ce n’est pas fait avec cœur.
  • Se laisser du temps, beaucoup de temps.

Quelques conseils pour les proches

Pour les proches qui veulent soutenir une personne endeuillée, voici quelques mots de réconfort pour montrer son empathie, sa solidarité et sa présence :

"Je suis là pour toi."

"Si tu as besoin de quelque chose je suis là." Il s’agit là de rester disponible sans imposer.

"Si tu as besoin de pleurer, c’est OK pleure." Cela permet d’accueillir la douleur, de lui laisser une place.

"Si tu veux te détendre et ne pas en parler mais juste boire un café ou faire une balade, c’est OK." Permettre à la personne aussi de faire autre chose, de se distraire.

"Je n’arrive pas à imaginer ce que tu ressens." Cela reconnaît l’intensité de la douleur de l’autre.

Vous pouvez également proposer des aides concrètes comme aller faire les courses. Penser aux enfants s’il y en a : être là pour eux, faire du baby-sitting, à manger, etc.

 

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13 heures à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast telles que : Pocket Casts, Podcast addict, Google Podcast ou encore Apple Podcast.

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