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Deux mois minimum pour un rendez-vous, beaucoup de patients doivent composer avec la pénurie de dentistes à Mons-Borinage

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En Wallonie, le nombre de dentistes varie beaucoup en fonction des villes et des provinces. Cette répartition inégale sur le territoire wallon provoque des pénuries dans certaines villes comme à Mons. Céline Pham travaille au cabinet dentaire de Mons-Nimy, lorsqu’elle et ses collègues ouvrent leurs agendas, ils ressentent l’impact de cette insuffisance de dentistes dans la région : " Ici nous tournons sur huit fauteuils et tous les praticiens ont un agenda rempli à plusieurs mois, plus au moins deux mois d’attente déjà."

Si les patients ont tendance à comprendre ces délais, quand survient la rage de dents la réaction est toute autre. C'est le genre de douleurs qui n'attend pas.

Un coup de cœur pour les villes estudiantines

Si les jeunes diplômés sont libres de travailler où ils le désirent, beaucoup restent dans la ville de leurs études. En Wallonie, les formations en dentisterie se font à Liège ou à Bruxelles.

Céline Chapelle est également dentiste au cabinet dentaire de Mons-Nimy, quand elle est sortie des études en 2016, elle était la seule de sa promotion à retourner travailler à Mons. Les autres étudiants sont restés à Liège : "Si à la base, ils ne vivent pas à Liège, avec le temps ils ont construit une vie là-bas durant leurs études. Je crois que c’est la même chose avec Bruxelles. Je connais des gens qui ont fait leurs études sur Bruxelles, qui habitaient à Mons mais qui sont aussi restés travailler dans la capitale. C’est un coup de cœur pour la ville, le fait que ce soit plus grand, c’est une autre ambiance et puis les rencontres sur place, ça aussi ça joue beaucoup".

Pénurie de dentistes à Mons-Borinage

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Mais aussi d’autres raisons

A plus large échelle, d’autres facteurs sont à l’origine de ce manque de praticiens dentaires. Tout d’abord, les conditions pour accueillir un stagiaire sont strictes. La personne désirant être maître de stage doit avoir un second fauteuil de soin, une structure particulière mais aussi six ans d’expérience dans sa spécialité. Tous les dentistes ne remplissent pas ces conditions, ils ne peuvent donc pas tous former des jeunes dans leur région.

Ensuite, il n’y a pas assez d’hygiénistes bucco-dentaires en Wallonie. Ce nouveau métier est basé sur la prévention. Un hygiéniste fait des soins afin d’éviter le développement de certaines pathologies et d’assurer la santé buccale des patients. Cette profession permet d’alléger le travail des dentistes. Mais, peu d’hygiénistes ont été diplômés en 2022. Il n’y en a pas assez pour soulager les dentistes. De plus, pour des raisons institutionnelles, ceux qui sont sortis en juin doivent attendre trois mois avant d’avoir l’autorisation d’exercer.

Pour Céline Pham, des solutions existent: "Assouplir l'examen d'entrée, augmenter le nombre d'hygiénistes et peut-être octroyer des primes aux dentistes pour qu'ils viennent s'installer dans notre région".

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