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Deux Néerlandais condamnés pour un braquage à l'explosif à Zaventem

© Nicolas Pirson

15 févr. 2022 à 11:19Temps de lecture2 min
Par Belga
Deux ressortissants néerlandais, tenus pour responsables de l'attaque à l'explosif d'un distributeur de billets bpost survenue le 14 janvier 2020 à Zaventem, ont été condamnés mardi à des peines de prison de 5,5 et 6 ans. Chacun d'entre eux s'est également vu confisquer 181.802 euros. Des traces d'ADN des suspects avaient été retrouvées sur les lieux, mais tous deux ont nié leur implication dans le vol.

Le casse à l'explosif du distributeur du bureau de poste, situé sur la chaussée de Louvain à Zaventem, en Brabant flamand, a eu lieu le 14 janvier 2020 vers 04h30 du matin. Les malfrats ont fait exploser un distributeur de billets avec du gaz. L'explosion a causé un incendie et provoqué des dégâts matériels considérables. Un pan du mur latéral du bâtiment a même été soufflé. 

Les auteurs ont réussi à s'enfuir avec plusieurs valises pour un butin estimé à 363.000 euros. D'après bpost, toutes les cassettes d'encre ont été activées lorsque les coffres ont été retirés, ce qui aurait rendu l'argent inutilisable.

Juste après l'attaque à l'explosif, les enquêteurs ont trouvé un pied-de-biche et des lunettes de sécurité dans le bureau de poste. Les images de vidéosurveillance des alentours ont par ailleurs montré que les auteurs avaient forcé la barrière d'un parc d'activités situé à proximité. Sur le pied-de-biche et la barrière, des profils ADN mixte - qui correspondent à plusieurs personnes- ont été identifiés avec à chaque fois un profil dominant. Ces profils semblaient appartenir à deux Néerlandais, O.C. et C.K., qui ont été interpellés à l'automne 2020. 

Lors d'une perquisition au domicile d'O.C., les enquêteurs ont trouvé un ordinateur portable contenant des recherches sur des attaques à l'explosif et des bouteilles de gaz, ainsi que plusieurs téléphones portables. L'un d'eux contenait une liste d'adresses de bureaux de poste en Wallonie. O.C. est également soupçonné d'être impliqué dans une autre attaque à l'explosif en Allemagne.

Les avocats des prévenus ont plaidé l'acquittement, arguant que le matériel ADN extrait ne prouverait pas suffisamment que les deux hommes étaient tous deux impliqués dans les faits.

"La seule preuve dont dispose le ministère public est l'ADN de mon client, qui aurait été retrouvé sur cette barrière", a fait remarquer Me Anthony Mallego, l'avocat de C.K. "Mais aucune contre-expertise n'a jamais pu être menée. Mis à part cela, aucun autre élément ne l'incrimine: il n'a jamais été repéré dans la région, une perquisition n'a rien apporté et il ne connaît pas le second suspect."

Me Rik Vanreusel, le conseil d'O.C., a également mis en doute la valeur probante de la trace ADN. "Tout ce que nous savons, c'est que son ADN a été découvert sur ce pied-de-biche. Cela ne prouve pas qu'il a utilisé ce pied-de-biche pendant le vol ou qu'il était présent lors de cette attaque. Comme il s'agit d'un profil mixte, il est clair que d'autres personnes ont également touché le pied-de-biche. Mon client admet qu'il fait partie d'une bande de cambrioleurs aux Pays-Bas, qui ont un entrepôt commun pour stocker leur matériel. Ce pied-de-biche lui est probablement passé entre les mains là-bas", a-t-il fait valoir.

Mais le tribunal a rejeté leurs arguments, estimant au contraire que le dossier contenait suffisamment de preuves pour les condamner. C.K. avait déjà été condamné neuf fois aux Pays-Bas pour diverses infractions et a donc reçu la peine la plus lourde, soit six ans de réclusion. Son complice a été condamné à une peine de prison de 5,5 ans.

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