Belgique

Deux policiers devant le tribunal correctionnel pour avoir filmé et partagé une vidéo d’une personne transgenre en cellule

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19 oct. 2022 à 05:00 - mise à jour 19 oct. 2022 à 12:54Temps de lecture2 min
Par Melanie Joris du service judiciaire

Ce mercredi, deux policiers comparaissent devant le tribunal correctionnel de Hasselt pour avoir filmé et partagé une vidéo d’une personne transgenre qui se masturbait en cellule. Les policiers sont poursuivis pour voyeurisme et diffusion non consentie de contenus à caractère sexuel. Ils risquent jusqu’à cinq ans de prison.

Les faits remontent à 2019. Un inspecteur de police de Saint-Trond filme l’écran qui affiche les caméras de surveillance d’une cellule. La vidéo de douze secondes est ensuite partagée dans un groupe WhatsApp entre collègues avant d’être diffusée à l’extérieur du groupe.

De plus en plus de discriminations à l’encontre de la communauté LGBTQIA +

Alerté, le Comité P, l’organe de contrôle des services de police, lance une enquête en juillet 2021. Dans son dernier rapport annuel, le Comité P note une augmentation des infractions en lien avec l’orientation sexuelle. En 2021, quinze infractions sont à déplorer contre les personnes LGBTQIA + (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles).

L’ASBL PAJ (Plateforme d’Aide Juridique) a décidé de se constituer partie civile dans ce dossier. Dimitri Verdonck, cofondateur de l’ASBL, cite les raisons qui ont guidé ce choix : "D’abord, pour que la victime puisse être défendue. Il s’agit d’une personne vulnérable de par son orientation sexuelle et ses moyens financiers. Ensuite, il s’agit d’agir dans l’intérêt de la communauté LGBTQIA +, mais aussi plus largement au service de tous les citoyens en situation de vulnérabilité".

L’avocate Felicia Postaru défend ce dossier pour l’ASBL. Elle précise : "La profession d’agent de police, en raison de son caractère exemplatif, nécessite une irréprochabilité. Ce genre de fait est encore plus grave lorsqu’il est commis par des policiers. C’est une circonstance aggravante".

Lancer un message

Avec cette constitution de partie civile, l’association veut lancer un message : "Nous sommes attentifs à ce genre de dérives et nous irons jusqu’au bout avec des actions en justice pour rendre un peu de dignité aux victimes qui se retrouvent souvent démunies et n’ont pas les moyens de se faire assister par un avocat".

Dimitri Verdonck complète : "Très peu d’avocats ont une connaissance fine de ces enjeux liés aux discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle. Avec notre ASBL, nous voulons offrir un accompagnement de qualité par des personnes qui connaissent ces questions".

Le cofondateur de l’ASBL conclut : "il y a des législations progressistes en Europe, mais ça ne veut pas dire pour autant que les mentalités et les pratiques suivent le même chemin, notamment dans la fonction publique. Il est donc important de continuer d’alerter et de sensibiliser l’opinion publique. Il faut encore se battre pour faire respecter les droits. Ce combat n’est jamais complètement gagné".

Écoutez le sujet diffusé dans le journal de 8h de La Première le 19/10/2022

Deux policiers devant le tribunal correctionnel pour avoir filmé une personne transgenre en cellule

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