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Devant la Cour suprême à Washington, pro et anti-avortement se font face

Devant la Cour suprême à Washington, pro et anti-avortement se font face
03 mai 2022 à 19:062 min
Par Belga

Ils sont quelques dizaines de militants mardi matin devant la Cour suprême: à gauche, des femmes se disent "en état de choc" face au droit à l'avortement plus que jamais menacé aux Etats-Unis; à droite, d'autres manifestants se félicitent d'un projet de décision historique pour le mouvement conservateur.

Au pied du haut bâtiment de marbre aussi imposant que le sont ses décisions pour les questions de société aux Etats-Unis, les pancartes se font face: "l'avortement est un droit humain" d'un côté, "droits humains pour tous, pour les humains nés et à naître" de l'autre.

"Je suis sous le choc", dit à l'AFP Tarra Kuroda, une femme âgée de 47 ans, soit presque l'âge de la décision "Roe v. Wade", qui a autorisé l'avortement dans tous les Etats-Unis en 1973 et que la Cour suprême s'apprêterait à rendre caduque, selon un projet de décision révélé lundi soir.

"J'ai deux jeunes filles, et je suis aussi ici pour elles, (...) pour protéger leur futur", raconte-t-elle, une pancarte "Mon corps, mon choix" à la main. Autour d'elle sont présents de très nombreux journalistes devant les marches de ce bâtiment blanc qui fait face au Congrès, en plein coeur de Washington.

De ce projet de décision, non définitif, qui a enflammé la sphère politique américaine lundi soir, Tarra espère qu'il "rassemblera les gens pour les élections de mi-mandat (prévues en novembre) pour élire des personnes qui, espérons-le, voteront en faveur" d'une loi autorisant l'avortement au niveau fédéral.

"J'entends ces jeunes gens parler, et ce sont les mêmes discussions que nous avons eues depuis des années", regrette cette mère au foyer. "Je me souviens des livres d'histoire quand j'étais plus jeune, de ces femmes dans les années 60 qui se battaient pour cela, et c'est triste que nous ayons à continuer" cette lutte.

 "Une première étape

Ce droit d'avorter "est retiré en raison des croyances religieuses d'une Cour suprême très conservatrice," regrette de son côté Lynn Hart, 70 ans, qui raconte avoir avorté illégalement adolescente avant de pouvoir le faire légalement.

"Je suis horrifiée que cette décision enlèverait ce droit pour mes petits-fils et de mes petites-filles", regrette-t-elle sous le ciel gris de la capitale fédérale.

De l'autre côté des barrières de métal, en face des groupes de collégiens un peu étonnés qui visitent la colline du Capitole avec leurs professeurs, une poignée de manifestants chantent en bouclent "l'avortement, c'est l'oppression".

Le texte publié lundi par le journal Politico, "c'est juste un brouillon, donc il reste encore beaucoup de travail", avance Archie Smith, membre d'un groupe "progressiste" contre le droit à l'avortement - ils sont peu nombreux mardi matin ici. "Pour le mouvement +pro-vie+, c'est juste la première étape dans la bonne direction".

Pour cet homme de 22 ans, "ce n'est pas assez de le rendre illégal" - même si "nous l'aimerions beaucoup" - mais il faut "le rendre non nécessaire" et "créer une culture de la vie en Amérique".

"Nous allons porter ce combat jusqu'au Congrès des Etats-Unis, juste en face", lance, côté gauche, une femme dans un mégaphone, se projetant déjà dans le débat politique à venir.

Autour d'elle, la petite foule crie sans relâche devant les caméras "mon corps, mon choix."

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