Diables Rouges

Diables rouges - Rencontre avec Jérémy Doku : "Mon modèle, c’est le spectacle !"

Jérémy Doku remonte la pente. Nous sommes allés à sa rencontre afin de faire le point avec lui. Après des mois difficiles, sanctionnés de deux blessures successives (Ischios et genou), il a très peu joué pour Rennes, club de Ligue 1 française où il preste sa 2e saison. Et cette période lui pèse :"oui, c’est très frustrant d’être blessé, surtout que je ne l’avais jamais été jusqu’ici. Je sortais d’un Euro réussi, avec un bon quart de finale contre l’Italie et je voulais poursuivre sur ma lancée. Chaque match que tu rates, tu es triste. Depuis 3-4 semaines je rejoue, peu, mais c'est parce qu'on a décidé de me relancer prudemment. Je ne suis pas inquiet, ça ira, et je ne pense pas être un joueur fragile".

Le foot de quartier à Borgerhout contre les "grands" pour acquérir cette étonnante confiance en lui.

Quand on lui tend le micro on est surpris du culot et de l’assurance avec lesquels il répond, tout en donnant une certaine image de jeune garçon timide (19 ans). Et il ne manie jamais la langue de bois pour lister ses propres qualités et mérites, ni ses ambitions, mais sans que cela ne paraisse de la vantardise.

Il y a très peu de choses qui me font peur

"J’ai toujours été comme ça, en famille, à l’école… Je ne sais pas d’où ça vient ? Je n’ai jamais eu peur de parler en public ou de donner mon avis, il n’y a pas beaucoup de choses qui peuvent m’impressionner. Borgerhout, c’est un quartier "difficile", enfin on sait bien qu’il s’y passe parfois des choses, hein ? ! Mais moi, ça ne me pesait pas, j’aimais bien les gens et la vie de ce quartier. Surtout, avec mon grand frère et ses amis, on était toujours dehors, on jouait au foot. Il y avait beaucoup de garçons doués, même s'ils n’ont pas réussi dans le foot après. Moi j’avais 7,8,9 ans, je devais toujours affronter des garçons plus grands et plus costauds que moi, et ça m’a forgé le caractère. Et quand tu es gamin et que tu arrives à être un des meilleurs parmi des joueurs bien plus âgés, ça te donne une grande confiance en toi".

Messi, Ronaldinho, Ronaldo comme modèles, et de l’ambition à revendre

En tant qu’amoureux du dribble, sans surprise, l’ancien Feu Follet d’Anderlecht avait pour modèles les Messi, Ronaldinho et autre Ronaldo. "En fait mon modèle, c’est le spectacle !".

Il ne le dira pas mais on devine qu’après Rennes, il y aura d’autres étapes dans sa marche vers les sommets. Et quand on lui demande si ses objectifs épousent ses rêves, c’est avec le même ton, la même assurance, la même simplicité qu’il répond "Je veux tout faire pour devenir un des meilleurs joueurs du monde, dans un des plus grands clubs du monde, en Premier League anglaise si possible. Et je travaille dur pour cela".

Jérémy Doku sous le maillot de Rennes
Jérémy Doku sous le maillot de Rennes © AFP or licensors

Je dois devenir un tueur devant le but, et marquer des buts faciles

D’où la question logique des progrès qu’il doit encore accomplir. "Surtout la finition. Mais attention, ce n’est pas tellement le dernier geste, parce que j’ai une bonne frappe. Ce qui manque encore c’est de me retrouver plus souvent en position de conclure une action. Je ne me retrouve pas souvent dans des positions où je peux frapper. Des joueurs comme Sterling ou Ronaldo, ça leur arrive d’être dans des positions où ils n’ont plus qu’à pousser la balle au fond parce qu’on la leur met devant le pied. Moi je n’ai jamais eu un but comme ça. Ceux que j'inscris, ce sont des buts qui terminent mes propres actions. C’est à moi de m’arranger pour être dans ce genre de situation de but "facile". J’y travaille".

Dans les points de progrès, il cite aussi les replis défensifs et le jeu de tête.

Chez les Diables, sur les flancs, la concurrence est énorme. Même pas peur !

Au Sporting d'Anderlecht, à Rennes, en Equipe nationale, "Doks" a toujours évolué sur un flanc offensif. Souvent à droite chez les Mauves et les Bretons, uniquement à gauche pour la Belgique. Jamais dans l’axe, où il ne se sent pas spécialement à l’aise jusqu’à présent. Dans le groupe de Roberto Martinez, les certitudes/candidats à ces postes sont nombreux : Eden Hazard, Yannick Carrasco, Thorgan Hazard, Léandro Trossard, Charles De Kettelaere. Dries Mertens, Kevin De Bruyne, Alexis Saelemaekers, Hans Vanaken même…ça fait beaucoup!

Chez les Diables, il y a beaucoup de concurrence à mon poste ? OK !

"Oui, c’est impressionnant, mais ça ne me fait pas peur. Je ne suis pas là pour attendre d’être sélectionné puis aligné. Je me bats pour ma place. A l’Euro aussi, j’avais de la concurrence mais à l’entraînement j’ai tout fait pour que le coach m’aligne. A un moment tu dois te poser la question : "Est-ce que je suis capable d’avoir ma place ?". Et si la réponse est oui, tu donnes tout pour y être et tu ne te poses plus la question".

N.B. En Equipe nationale, le N25 des Diables a joué 10 matchs (7 titularisations) et marqué 2 buts, dont celui contre l’Islande, en Nations League, pour sa 1re titularisation, il n’avait que 18 ans.

Belgique - Islande : 08 septembre 2020 (5-1)

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L’amertume à l’Euro 2020, les critiques de la "Génération dorée", la foi dans la "Génération sous-estimée

A l'Euro 2021, dans ce quart de finale fatidique contre l’Italie, le protégé de Roberto Martinez a brillé. En vain. Son équipe l’a déçu, et surpris : "Je ne comprends pas bien ce qui s’est passé. J’ai eu l’impression qu’on ne jouait pas notre jeu. On avait bien préparé le match mais les choses ne se sont pas passées comme à l’entraînement. Même moi, en début de match je ne me suis pas assez imposé. Si c’était mental ? Peut-être ! Les Italiens ont poussé dès le début, c’est peut-être cela, je ne sais pas".

Jérémy Doku face à l'Italie en 1/4 de finale de l'Euro 2020
Jérémy Doku face à l'Italie en 1/4 de finale de l'Euro 2020 © Tous droits réservés

Avec la défaite contre la France en demi-finale de Nations League, le Belge s’est fait allumer dans le vestiaire de Rennes. "Je rêve de rencontrer l’Italie et la France au plus vite".

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