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Dialogues Funèbres, art contemporain dans les galeries funéraires du cimetière de Laeken

galeries funéraires - cimetière de Laeken

Avec ses 300 mètres de couloirs et ses 4000 défunts, les galeries souterraines du cimetière de Laeken sont un endroit lugubre mais… exceptionnel. Dialogues funèbres réunit sept artistes, jeunes pour la plupart, qui dialoguent autour des thèmes de la trace, du souvenir, de la finitude de la vie. Des œuvres discrètes qui dispersent un souffle de vie dans cet univers de courants d’air.

Anaïs Pessoz, Glass Crow - 2021
Anaïs Pessoz, Glass Crow - 2021 Kay Morgan
Joäo feitas, New Balance - 2022
Joäo feitas, New Balance - 2022 Kay Morgan

La mort rode autour de nous depuis deux ans et se montre le plus crument sur nos écrans ces dernières semaines. Boutcha est devenu synonyme d’horreur. Alors, avait-on besoin d’une exposition sur ce thème ? Assurément si elle agit par petites touches, si elle ménage nos sensibilités, si elle nous ramène à la vie, à nos existences d’êtres sociaux sensibles. Le commissaire Stéphane Roy a très justement opté pour la sobriété. Le cimetière de Laeken est remarquable par les imposants monuments funéraires érigés par la noblesse et les notables du XIXe siècle, désireux de reposer auprès de la royauté. Le contraste est détonant, entre des oeuvres contemporaines modestes, énigmatiques, dissimulées pour certaines et, à la lumière du jour, un art funéraire démonstratif, univoque, à la symbolique appuyée et aux dimensions imposantes.

Cette statue en bronze d'une femme en pleurs agenouillée orne le monument de la famille Van Hoorick, avec l'entrée des galeries funéraires en fond
Cette statue en bronze d'une femme en pleurs agenouillée orne le monument de la famille Van Hoorick, avec l'entrée des galeries funéraires en fond © Xavier Ess - Rtbf

Matière vivante

Muni d’un plan qui vous indique où sont installées les œuvres dans ce dédale de couloirs, on découvre des pièces faites de différentes matières : le verre, le papier, le tissu, le marbre, la résine, le laiton et aussi de  l’eau et des plantes. Cette matérialité donne corps aux intentions des artistes. Ramène le vivant dans la poussière et l’oubli.

Joäo freitas, Correspondance(II) - 2019 - présent
Werther Gasperini, Quelqu'un (L'Escalier) - 2022

La trace du souvenir

Joäo freitas travaille la matière comme réceptacle des traces d’action passée. Avec New Balance, la boîte -sarcophage en plexiglas renferme une empreinte papier des chaussures usées que l’artiste utilise dans son atelier. C'est le fantôme de l’artiste emprisonné dans une boîte à chaussures transparente. Correspondance(II) consiste en 120 briques formant un volume rappelant un cercueil. On remarque des traces de doigts, de semelles imprimées dans ces briques qui sont en réalité faites de mousse florale biodégradable. 

Le travail de Werther Gasperini traite notre condition de finitude humaine à travers une série d’œuvres intitulées Quelqu’un. Pour Dialogues Funèbres il présente un escalier en marbre rosé du Portugal, pierre représentant la chair du christ dans l’histoire de l’art, qui s’élève vers la lumière et dont les marches contiennent l’empreinte d’un pied. La seule œuvre de l’exposition qui évoque le sacré. L’escalier peut être lu comme une évocation de l’ascension du Christ, Fils de Dieu dans la condition humaine.

Werther Gasperini, Quelqu'un (L'escalier) , 2022
Werther Gasperini, Quelqu'un (L'escalier) , 2022 © Xavier Ess - Rtbf
Anaïs Pessoz, Ventrem - 2019
Anaïs Pessoz, Ventrem - 2019 Kay Morgan

L'eau, la terre, le feu

Anaïs Pessoz créé des sculptures-installations qui mêlent une esthétique scientifique, ici avec des fioles et des tubes de verre, et un dispositif de rituel, ici avec l'eau, le feu qui transforme la matière et les plantes. Ventrem - ventre - nous ramène à l'origine, au foetus dans son liquide amiotique. La vie en devenir. 

Anaïs Pessoz, Ventrem - 2019
Anaïs Pessoz, Ventrem - 2019 Kay Morgan
Anaïs Pessoz, Ventrem - 2019
Anaïs Pessoz, Ventrem - 2019 Kay Morgan

Plongez ici dans une visite sonore des Dialogues Funèbres 

Par Ouï-dire

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Humour à mort

L'œuvre que l'on pourrait manquer dans le dédale des galeries est une proposition iconoclaste de Lionel Pennings, logiquement intitulée Sans titre qui consiste en un pied de biche en pierre bleue fiché sur une des milliers de plaques funéraires qui tapissent les murs des allées. Pas de nom de défunt, mais une encoche et un mode d'emploi pour déceler la pierre de la niche. L'artiste nous invite à conjurer la mort au pied de biche, tant il est vrai qu'il faut connaître ses ennemis pour mieux les combattre !

Lionel Pennings, SAns titre - 2022
Lionel Pennings, SAns titre - 2022 Kay Morgan

En pratique : 

Dialogues Funèbres - attention l'expo est de courte durée 05.05 > 15.05.2022

Galeries funéraires du cimetière de Laeken

Daniele Coppola, A love story - 2021
Daniele Coppola, A love story - 2021 Kay Morgan

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