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Energie

D’ici 2030, une île artificielle verra le jour aux larges des côtes pour booster notre énergie renouvelable

03 oct. 2022 à 18:53 - mise à jour 04 oct. 2022 à 13:10Temps de lecture2 min
Par Théa Jacquet sur la base d'un reportage de Lucie Dendooven

C’est une première mondiale. Une île artificielle sera bientôt construite au large de notre côte belge. Elle deviendra une plaque tournante de l’énergie produite en mer du Nord et un maillon important de notre approvisionnement énergétique. 

Elle n’a rien de l’île mystérieuse de Jules Vernes. L’île Princesse Elisabeth, c’est son nom, verra le jour d’ici 2026 à 45 kilomètres au large de notre côte belge couvrira 5 hectares à la surface de l’eau, 20 à 25 hectares sous eau. Elle sera composée de caissons en bétons remplis de sables sur lesquels reposeront toutes les infrastructures d’un énorme nœud de réseau électrique.

Markus Berger, chef de l’infrastructure chez Elia, le responsable du réseau électrique belge, nous explique son fonctionnement : " L’objectif avec ce nœud est de capter l’électricité produite dans le futur parc éolien Princesse Elisabeth et en même temps de créer les interconnexions électriques avec la Grande-Bretagne et le Danemark, de telle sorte que nous ayons un réseau électrique interconnecté en Europe dans le futur. Cette île coûtera moins cher et réduira l’impact écologique des parcs éoliens offshore car elle concentrera sur deux câbles connectés au continent l’ensemble de la production électrique de nos parcs éoliens. Nous n’aurons pas d’effet ‘spaghetti’, un réseau multiple de câbles sur le fond marin. "

Une première pierre à la construction d’un réseau électrique en mer du Nord.

Ce hub électrique ne va pas seulement concentrer toute l’électricité produite dans nos parcs éoliens, il permettra également de nous interconnecter avec la production électrique de la Grande-Bretagne et du Danemark. Le but est évidemment de créer un énorme réseau européen en mer du Nord dont cette île est une première étape. "Ce qui veut dire qu’on va devenir moins dépendant des énergies qui viennent de l’étranger", relève Chris Peeters, CEO du groupe Elia. Si la capacité de production est actuellement de 2 gigawatts d’électricité offshore, elle devrait monter à 8, voire 10 gigawatts d’ici 2040. En gros, Elia estime quadrupler d’ici 2040, la production d’électricité en provenance de la Mer du Nord.

Toutefois, puisque cette production d’énergie n’est pas continue, il faudra toujours produire de l’électricité sur terre pour compenser l’intermittence du renouvelable. Mais la ministre fédérale de l’énergie, Tinne Van der Straeten est confiante : "Aujourd’hui, nous avons en Belgique des projets de batteries de 100 ou 200 MW qui pourraient gérer, notamment, les moments de consommation de pic d’électricité."

Le raccordement des parcs éoliens au réseau d’Elia coïncide avec la mise en service des projets de renforcement du réseau terrestre belge et, en particulier, les projets Ventilus et la Boucle du Hainaut. Reste à savoir si ces projets de renforcement seront prêts à temps car Elia est confrontée à pas mal de recours des riverains.

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