Economie

Disneyland Paris fête ses 30 ans : découvrez l'industrie derrière la magie

12 avr. 2022 à 18:18Temps de lecture4 min
Par Jean-Christophe Willems

On peut ne pas être fan de Mickey et ses compagnons, on peut ne pas aimer Star Wars ou les films de superhéros Marvel, on peut même ne pas apprécier les parcs d'attractions mais on ne peut pas ignorer "l'empire Disney".

Un empire qui a bâti ses châteaux de conte de fées dans six lieux à travers le monde : Californie, Floride, Tokyo, Hong Kong, Shanghai et bien sûr Paris.

Le 12 avril 2022, ce dernier fête ses 30 ans. Trois décennies à l'image des montagnes russes qu'il héberge : faites de hauts et de bas.

Une histoire mouvementée

Quand Euro Disney ouvre ses portes en 1992, cela ne fait que cinq ans que l'Etat français et The Walt Disney Company ont signé la convention permettant la création du complexe sur plus de 22 km², soit un cinquième de la ville de Paris.

Forte de sa localisation, mais aussi des nombreuses aides, la France a gagné son combat contre l'Espagne, également pressentie pour héberger le nouveau parc, ou plutôt, devrait-on écrire, le méga-complexe. Car en quelques années, une gare TGV et RER sort de terre, ainsi que des hôtels, un golf, et un développement du territoire de Val d'Europe, ce nouveau centre urbain et d'affaire.

Mais rapidement, malgré les près de 10 millions de visiteurs dès la deuxième année, Euro Disney est confronté à des problèmes financiers. La dette se creuse et la société procède à diverses augmentations de capital au cours des ans. La création de nouvelles attractions, de nouveaux hôtels, d'un deuxième parc (Walt Disney Studio) attirent certes du monde mais la rentabilité n'est pas garantie.

En 2017, The Walt Disney Company rachète les actions d'Euro Disney et le complexe devient filiale à 100 % de la compagnie américaine, qui en profite pour annoncer un nouveau plan d'investissements de plus de deux milliards d'euros, portant le montant total à 9,1 milliards depuis 1992.

La crise sanitaire n'a évidemment rien arrangé à la situation financière, mais les parcs à thèmes ne sont qu'une goutte d'eau dans la manne financière du géant des loisirs. Ainsi, les projets à long et court terme sont toujours d'actualité, comme le prouvent la rénovation du plus grand hôtel, l'agrandissement du second parc avec une zone Avenger ou les nouveaux spectacles et parades liés au trentième anniversaire.

Derrière le château : la fourmilière

Faire pousser une ville, des parcs et des axes de communication au milieu des champs, cela crée de l'emploi et des retombées financières pour toute une région. Car si les deux parcs en tant que tels semblent assez petits (Walibi est plus vaste que le parc principal de Disneyland Paris), les chiffres globaux donnent le tournis.

Le site emploie en moyenne 16 000 collaborateurs, appelés les Cast Members, génère 63 000 emplois directs et indirects et attire un peu près 15 millions de visiteurs par an pour un total de plus de 375 millions depuis l'ouverture ! C'est bien simple, c'est non seulement le premier employeur mono-site de France mais également la première destination touristique d'Europe, qui compte pour 6 % du tourisme en France.

Vous en voulez encore ? Les 7 hôtels ont une capacité de 5 700 chambres et les parcs fonctionnent toute l'année sans interruption. 

Mais alors, quand diable entretenir les attractions ? Et bien la nuit pardi ! Equipe de nettoyage, jardiniers, techniciens ... ils sont des dizaines à travailler toutes les nuits pour éviter les fausses notes en journée.

Mais ce n'est évidemment pas tout. Plusieurs halls et bâtiments annexes servent à préparer les spectacles et les décors. Dans des zones interdites au public et aux caméras, nous croisons des véhicules de chantier, et des ouvriers. Plus loin, c'est un véritable zoning industriel composé de plusieurs grands bâtiments qui se cache à l'abri des regards indiscrets.

Un peu partout, il faut montrer patte blanche (c'est à dire son badge) et être accompagné par des officiels. De la magie Disney, nous ne pouvons filmer que ce que le visiteur en voit. Pas question de montrer les coulisses, les répétitions, les bureaux, l'envers du décor. 

Parc à thèmes, pas parc d'attractions

D'ailleurs, réaliser un reportage dans l'antre de Mickey n'est pas chose aisée. Les intervenants sont sélectionnés et ne parle que celui qui en a reçu l'accord. Ceci ne s'applique pas aux visiteurs, qui se bousculent déjà en ce mois d'avril, alors qu'on est en pleine semaine.

Des familles, surtout, mais également de jeunes adultes, voire de moins jeunes. Ils ont en commun d'aimer non pas les attractions mais le monde de Disney, sa magie, sa capacité à replonger en enfance. Car ici, tout le monde sourit (ou souris si l'on parle de Mickey et Minnie) et tout est fait pour immerger le visiteur dans un monde parallèle, loin des tracas de la vie quotidienne. La foule rassemblée pour les différentes parades et les spectacles le prouve : on n'est pas dans un parc d'attraction comme un autre.

D'ailleurs ici, on préfère dire "parc à thèmes". Et on ne risque d'ailleurs pas d'en manquer, de thèmes, puisque depuis la création du parc, Th Walt Disney Company a quand même acheté Pixar en 2006, Marvel en 2009, Lucasfilms (Star Wars) en 2012 et la 21st Century Fox en 2017. De quoi ajouter un nombre incalculable de personnages à l'univers déjà bien fourni, et étendre encore un peu la diversité de son public, pas nécessairement intéressé par Blanche Neige ou Pinocchio. 

Pour les 30 ans, un nouveau spectacle à vu le jour, en plus des quatre parades quotidiennes. De même qu'un ballet de drones en apothéose du show nocturne Disney Illuminations, le son et lumière sur le château accompagné de pyrotechnie. Une débauche de moyens gigantesques, répétée quotidiennement. Pour le plus grand bonheur des milliers de visiteurs qui s'empresseront d'acheter des souvenirs en tout genre. Malgré des prix d'entrée, de logement et de restauration assez élevés, qui fluctuent en fonction des périodes, le parc n'a toujours pas surmonté tous ses problèmes financiers. Mais ne dit-on pas que le rêve n'a pas de prix ?

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