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Disparition de certaines variétés, changement de goût… les amateurs de café vont-ils devoir s’adapter ?

Barista du restaurant Delahaut

© /O.L.

27 sept. 2022 à 16:23Temps de lecture2 min
Par Odile Leherte

Les amateurs de café doivent-ils s’habituer à payer leur café plus cher ? Sur les marchés boursiers, le prix du café est au plus haut depuis plus d’un an. Et son goût va-t-il changer ? C’est très probable selon plusieurs études scientifiques (la plus récente dans les revues scientifiques Plant Science et Science Advances). Et ce serait notamment la faute au réchauffement climatique.

François Delahaut, gérant des cafés Delahaut à Namur, nous éclaire sur cette nouvelle réalité.

Le prix du café est au plus haut depuis juillet 2021 sur les marchés boursiers. Quelles conséquences pour le consommateur ?

Cours du café le 27/09/22 en matinée sur www.boursorama.com
Cours du café le 27/09/22 en matinée sur www.boursorama.com © Tous droits réservés

Le prix du café vert a véritablement explosé, il a plus que doublé suite aux conditions climatiques désastreuses au Brésil qui ont eu un impact sur les récoltes l’an dernier, mais aussi à cause de la spéculation. Nous n’avons par contre pas doublé le prix dans les boutiques. On a augmenté le prix du kilo de café de 3 euros depuis le début de la crise. Nous n’avons donc pas pu conserver les coefficients de marges que nous avons habituellement.

Différentes études scientifiques ont montré ces dernières années que le réchauffement climatique allait avoir un impact énorme sur la culture du café. Septante-cinq espèces sur les cent vingt-quatre existantes sont menacées par la déforestation, le réchauffement climatique et la propagation de maladies et d’espèces nuisibles. Quel impact sur le consommateur ?

On parle de l’extinction de certaines variétés d’arabica qui sont plus sensibles que d’autres. Je pense au maragogype, qui est une ancienne variété avec la plus grosse graine arabica. Cette fève est en train de disparaître oui.

Graines de café torréfiées
François Delahaut, gérant des cafés Delahaut à Namur.

De plus, certaines variétés se raréfient. C’est le cas de celles qui poussent sur les flancs des montagnes. Pour éviter des températures qu’elles ne peuvent pas supporter, elles sont cultivées à plus haute altitude. Mais la bande de culture devient plus petite quand on monte en altitude.

Selon différentes études, les conditions de production (taux d’humidité et taux d’exposition au soleil) ont un impact sur le goût du café. Le consommateur doit-il s’habituer à de nouveaux goûts ?

Je ne pense pas qu’on soit à l’aube de changements immédiats, mais je pense qu’à long terme, le consommateur va devoir s’adapter. J’ai lu une étude récente sur le vin. Les côtes rôties qu’on dégustait à 12 degrés d’alcoolémie, on les déguste aujourd’hui à plus de 14, sur une quinzaine d’années. Donc tout cela évolue rapidement et le café n’y échappe pas.

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