RTBFPasser au contenu
Rechercher

Cinéma

Documentaire : “Elizabeth”, la reine sous toutes ses coutures

31 mai 2022 à 14:30Temps de lecture2 min
Par Adrien Corbeel

Dans son dernier documentaire, Roger Michell ("Coup de foudre à Notting Hill") tente de faire le(s) portrait(s) de la reine du Royaume-Uni.

Qui est Elizabeth II ? Au sujet de cette reine qui fête cette année ses 70 ans de règne, de nombres éléments biographiques sont connus. Mais pour une des figures les plus célèbres au monde, elle n'est pas exactement un livre ouvert. C'est intentionnel : la nature même de la fonction de monarque réclame de disparaître derrière ce rôle, une tâche à laquelle Elizabeth II s'est de manière générale appliquée vaillamment. Malgré ce mystère, ou peut-être à cause de celui-ci, la souveraine continue d'exercer une certaine fascination dans le monde, comme l'en atteste par exemple le succès de la série "The Crown", tentative de personnifier la reine au travers de la fiction.

"Elizabeth" de Roger Michell (son ultime film, le réalisateur étant décédé en 2021) est empreint d'un même désir de représenter la reine sous un angle plus intime, mais au travers du documentaire. Portrait en multiples parties, ce long-métrage se propose de nous dévoiler différentes facettes de la souveraine : ses passions, ses controverses, sa famille, son image publique, etc. Le film surprend par sa structure, segmentée en chapitres, mais aussi par ses jeux de montage. Juxtaposant des images d'archives de la reine avec les produits dérivés qui ont été faits à son image, la monteuse Joanna Crickmay fait preuve d'audace dans son découpage du documentaire, et d'une certaine espièglerie dans la première demi-heure de celui-ci. Au point qu'on se prend à espérer que le film ose le crime de lèse-majesté.

Mais si "Elizabeth" existe, c'est avant tout pour célébrer les sept décennies de règne de sa protagoniste. Fatalement, l'admiration prend le dessus sur la critique. Vantant sa résilience, son importance, son abnégation, le film s'attache surtout à nous la rendre sympathique, notamment grâce à quelques vidéos inédites. On y découvre une femme qui plaisante volontiers avec son entourage lorsque les responsabilités de la couronne ne pèsent pas sur ses épaules. Dans le même ordre d'idée, le film se penche sur les quelques passions qu'on lui connaît, comme les chevaux. Ces parties, très consensuelles et plutôt mièvres, ont quelque chose d'irritant. Le choix de consacrer un chapitre entier aux courses hippiques si chères à la reine, mais de n'évoquer que brièvement ses facettes moins salubres (son rapport au colonialisme, les multiples casserolles traînés par sa famille, etc.) est fort discutable.

À l'issue du film, la question se pose : est-il parvenu à nous dévoiler la personne derrière la souveraine ? Seuls la principale intéressée et ses proches pourront en attester. Mais il faut bien l'avouer : la levée de rideaux opérée ici ne nous révèle rien de particulièrement fascinant.

 

"Elizabeth" est à découvrir dans les salles belges à partir du 1er juin. 

Loading...

Sur le même sujet

Londres : visite surprise de la reine Elizabeth II pour inaugurer une ligne de métro portant son nom

Monde Europe

L’interview de Roger Michell et Jim Broadbent pour "The Duke"

Cinéma - Interviews

Articles recommandés pour vous