Cinéma - Belge

Documentaire : “Heimaland”, le village islandais qui attend son désastre

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20 juil. 2022 à 09:06Temps de lecture2 min
Par Adrien Corbeel

Au pied du volcan islandais Katla, où se dessinent de magnifiques paysages, les touristes affluent, avides de partir à la rencontre de ce fameux sommet qui sommeille depuis plus de 100 ans. Il faut dire que la vue est imprenable. Enseveli sous une épaisse couche de neige et de glace, Katla domine un espace naturel frisquet mais revigorant, qui attire des personnes du monde entier. Pour les habitants du village de Vík í Mýrdal, la popularité grandissante des volcans islandais, notamment depuis la fameuse éruption d'Eyjafjallajökull, a donné un coup de fouet à l'économie régionale.

Le cadre est mythique, le commerce juteux. Et le danger palpable. Les plus anciens du village se souviennent des effroyables récits qui leur ont été faits de l'éruption de 1918, et même si l'attitude de la plupart des habitants laisse penser le contraire, le désastre se reproduira un jour ou l'autre. Katla sort de sa torpeur généralement tous les 60 ans. Après 104 ans de sommeil, il semble tout à fait plausible que la fureur du volcan éclate à tout moment.

C'est dans ce village tiraillé entre la quiétude et le danger, le mystique et le capitalisme, que les cinéastes Ischa Clissen et Dorus Masure sont allé poser leurs caméras. Fruit de plusieurs mois de tournage, leur documentaire “Heimaland” témoigne des contradictions inhérentes aux vies des habitants de Vík í Mýrdal. Entre ceux qui paraissent profiter du boom économique en toute insouciance et ceux qui redoutent avec anxiété l'éruption à venir, les réactions de tout un chacun diffèrent grandement. Certains semblent même attendre le désastre avec une certaine impatience, peut-être pour ne plus vivre dans la peur. Être en présence chaque jour d'un tel phénomène naturel a ses avantages, mais c'est aussi un fardeau.

Tout n'est pas fluide dans le documentaire : on devine par exemple que certaines conversations se déroule surtout pour l'œil de la caméra. On pourra également regretter que malgré le soin apporté à l'image et l'éclat de certains plans, le film n'arrive pas tout à fait à rendre compte de la majesté du lieu et l'immensité de ce qui se joue. En revanche, "Heimaland" se distingue par son montage, qui articule avec intelligence les paradoxes qui habitent ses quelques personnages, auxquels il devient finalement facile de s'identifier.

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