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Cinéma

Documentaire : “Y'a qu'à pas baiser”, l'avortement avant sa dépénalisation en France

Au vu de l'actualité aux États-Unis, où l'avortement n'est désormais plus protégé par une loi fédérale, la plateforme de streaming tënk a décidé de mettre à disposition des internautes un documentaire de 1971, qui n'a rien perdu de sa pertinence  : "Y'a qu'à pas baiser !" de Carole Roussopoulos.

Réalisé 4 ans avant la dépénalisation de l'IVG en France, ce film de 17 minutes désobéit volontiers aux lois de son époque. On y voit, sans ambages, un avortement, pratiqué dans l'illégalité et la clandestinité, mais avec minutie et respect. Y sont détaillés les différents soins, outils et méthodes appliqués pour réaliser l'opération, le tout avec l'approbation et le consentement de la patiente informée. Les images sont saisissantes. Par leur crudité bien sûr, mais aussi par leur puissance : ce que la réalisatrice capte avec sa propre grammaire cinématographique, ce sont de femmes qui se réapproprient leurs corps et leurs paroles, au défi de la loi et la morale de l'époque.

Face aux hommes qui critiquent la création d'un "marché commun de l'avortement", le film se révolte avec une certaine bonne humeur, réclamant effrontément le droit des femmes à disposer librement de leur corps (et de leur plaisir aussi). Avec décontraction et franchise, on y parle de contraception, de sexualité, d'avortement et d'orgasme. Les savoirs s'échangent, l'entraide prend le dessus, la sororité triomphe. Comme dans ces images de la première manifestation en faveur de l’avortement et de la contraception, qui a eu lieu à Paris le 20 novembre 1971. La caméra de la cinéaste s'attarde sur leurs slogans mémorables scandés par la foule, mais aussi sur ces femmes âgées qui assistent à la manifestation sans y prendre part, tout en se déclarant favorables aux prises de position de leurs cadettes. Exception faite de celle dont l'injonction culpabilisante et absurde donne son titre au film !

 

Un court-métrage à découvrir sur la plateforme tënk. En accès libre jusqu'au 22 juillet.

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