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Dombrance, politiquement correct

12 juin 2022 à 07:00Temps de lecture2 min
Par Guillaume Scheunders

Dombrance (ex DBFC) poursuit son fantasme politico-musical à travers un nouvel album, sorti – non sans hasard – en pleine période électorale française. République Électronique dresse un portrait des présidents qui ont jusqu’ici composé la Cinquième République française. Neuf morceaux et autant de styles électroniques différents, pour entreprendre un voyage dans le temps, de 1958 à aujourd’hui. Cap sur l’Élysée.

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Généralement, musique et politique ne sont pas des termes qui s’accordent au mieux. Cela a encore été constaté il y a tout juste un an lorsque le président français a invité Jean-Michel Jarre, Cerrone, NSDOS et d’autres pour les fêtes de la musique à l’Élysée. Événement qui survenait seulement quelques jours après une intervention policière musclée et sanglante pour mettre fin à une free party à Redon, en Bretagne. Certains acteurs musicaux, comme Casual Gabberz, voyaient dans cette soirée au palais présidentiel une récupération politique nauséabonde de la scène électronique par la classe politique, peu de temps après le scandale qui a tout de même vu un jeune homme se faire arracher la main par une grenade policière. Ambiance tendue entre le monde électronique et le pouvoir exécutif.

Assez délicat dans ces conditions de créer un album entier autour des présidents français, mais Dombrance s’y est tout de même risqué et a même réussi la prouesse de n’y insuffler aucune sorte de jugement sur les personnages cités. Le Français n’en est cela dit pas à son coup d’essai : la classe politique nationale et internationale, il l’a déjà dépeinte à quelques occasions. Poutou, Taubira, Raffarin, Fillon mais aussi AOC, Trump, Obama et Biden sont déjà sortis des machines de Dombrance. Interrogé par les Inrocks, il avait justifié sa démarche : "Mon idée avec ce projet, c’est de désacraliser les idoles politiques, pour sacraliser la musique. C’est ce en quoi je crois : en la musique et en son universalité"

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Bienvenue en République Électronique

L’album démarre sur une introduction lente où la voix de Sarah Rebecca nous accueille dans une session d’écoute qui nous fera voyager de gauche à droite, à travers un peu plus d’un demi-siècle de présidents. Dombrance démarre forcément avec Charles de Gaulle, mis en musique avec une sorte de techno calme, histoire d’entamer en douceur cette cinquième république électronique. Au lieu de rester sur sa lancée, il change d’ambiance directement sur Pompidou pour aller vers une sorte de single de variété version électro et plantant un décor digne des meilleurs films français des années 60-70. Le disque retourne dans la douceur pour un Giscard d’Estaing qui nous conforte dans l’idée que République Électronique n’est pas un album forcément taillé pour les dancefloors. Même si Chirac ou Sarkozy pourraient nous faire mentir.

 

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Toutes sortes d’influences planent au-dessus de ce disque, avec en premier plan le kraut rock et les 70’s plus globalement. Des titres comme Mitterand ou Sarkozy en sont des preuves parfaites. Hollande reprend quant à lui une esthétique synthwave tandis que le dernier venu, Macron, clôt l’album avec une montée de saxophone signée Laurent Bardainne (ex Poni Hoax). Le tout forme un ensemble très versatile, sortant des mains du producteur qui a lui-même adopté l’image d’un président, costume et moustache au poil.

Désormais, il ne nous reste qu’à espérer qu’il s’attaque à d’autres figures : pourquoi pas un Mélenchon (déjà utilisé par le rappeur Fadoo) ou un Jean Lassalle ? Et pourquoi pas même s’exporter en Belgique ? On voit bien Elio Di Rupo sauce disco-house, Sophie Wilmes en electropop ou Bart De Wever façon techno bien ténébreuse.

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