Culture & Musique

Domino : dans la brume lumineuse de Dan San

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30 janv. 2012 à 10:55Temps de lecture5 min
Par François Colinet

Un bien beau mélange à découvrir entre autre le 4 février à l’Éden de Charleroi et le 25 au Botanique à Bruxelles, dans le cadre du festival AB / Bota.

Deux guitares, deux voix, c'est ainsi qu'a débuté le projet Dan San. Une amitié indéfectible entre Thomas Médard et Jérôme Magnée, qui unissent leurs voix depuis 7 ans dans un projet en perpétuelle évolution. Une aventure qui accouche d'un premier véritable album après un EP sorti en 2010. Avec Domino, on est embarqué dans un voyage résolument folk qui fleure bon les années 70. On y retrouve à la fois les guitares baba cool, des cuivres et un violon mais aussi les ruptures de rythme propres au rock progressif.

Une démarche artistique, loin du formatage radiophonique, fruit du travail d'une équipe comme l'explique Thomas : « Jérôme et moi, nous connaissons depuis 25 ans. Après plusieurs années en duo, le groupe a grandi progressivement avec un bassiste, un violoniste, un batteur et une pianiste, la dernière arrivée à bord de Dan San »



Un chemin par étape

En conversant avec cette joyeuse bande, on sent tout de suite que l'aboutissement de ce premier disque est à marquer d'une pierre blanche dans un processus de perpétuel apprentissage. «L'EP était une sorte de best of de ce qu'avait été Dan San entre 2004 et 2010. Il a eu une belle vie, on ne voulait pas tricher insiste Jérôme. Domino c'est clairement un autre chapitre. Maintenant qu'on a un groupe complet, on est reparti de zéro.

Avant l'enregistrement de cet album, on n'avait aucune démarche de production. Sur ce disque on a vraiment découvert le sens de ce mot, comment sortir tout ce qui nous passe par la tête, comment faire sonner notre musique comme on la vit dans nos tripes On a pu utiliser des instruments variés, des cuivres, des cordes, faire des choix artistiques et leur donner corps.»

La pochette de Domino préfigure bien l'atmosphère brumeuse de ces nouvelles chansons dont les mélodies sont souvent pleines d'aspérités. Normal dans un groupe qui permet à chacun d'apporter sa touche personnelle. « Thomas et Jérôme apportent la base des idées mais elles peuvent à chaque fois être malaxées, modifiées ou rejetées par le groupe, nous dit Maxime le bassiste qui a rejoint le projet depuis plusieurs années. « Du coup, on a beaucoup de ruptures de rythmes, de structures inhabituelles dans nos chansons. Plusieurs personnes ont d'ailleurs décelé des touches de rock progressif dans notre univers » se réjouit Thomas en grand fan de Genesis à la grande époque de Peter Gabriel. Même si nous n'essayons de copier personne c'est clairement une influence pour moi. »











Des influences assez clairement assumées par les deux chanteurs du groupe : «Depuis le départ, on est branché folk. On aime chanter à deux voix. On ne savait ce qu’était une tierce ou une quinte mais on a toujours aimé les harmonies. Chaque personne qui souhaite faire entendre sa voix devra pouvoir le faire. Peut-être d'ailleurs qu'un jour chaque membre du groupe aura un micro devant lui ! L'anglais facilite le chant. Les phrases simples suffisent pour faire passer une émotion alors qu'écrire un beau texte en français c'est très difficile. Pour nous, la composition prime sur le texte. Le son passe avant les mots, même si on essaie de ne pas chanter n'importe quoi !»

Le collectif fait la force

Les membres de Dan San ont investi personnellement dans la réalisation de ce disque. Cette décision d'auto production s'accompagne d'une belle démarche d'entraide entre musiciens au sein du collectif Jaune / Orange. «C'est une structure liégeoise qui fédère un ensemble de musiciens explique Thomas. Elle est axée sur l'échange et l'entraide entre musiciens.  A côté de ses activités de production, le collectif fait aussi de la promo, du booking de concert etc. Ils sont surtout connus du grand public pour les compilations qu'ils sortent régulièrement. C'est une sorte de label de qualité. Beaucoup de professionnels nous envient cette structure qui permet de faire vivre les échanges entre musiciens basés chez nous. »

Une structure devenue très utile à l'heure ou vivre de sa musique est un rêve raisonnablement inaccessible : « On sait très bien que vivre uniquement de Dan San est utopique admet Jérôme. Le but est d'avancer vers plus de professionnalisme. On a la grande chance de tous travailler dans la musique, chez Jaune/ Orange, ou grâce à des projets annexes et ça c'est vraiment génial. On ne vit pas comme des princes mais on fait ce qu'on aime. Du moment qu'on peut remplir notre frigo et payer notre loyer, c'est tout ce qui compte. Le seul réel objectif c'est de se donner les moyens de faire un deuxième album et d'aller jouer devant un maximum de personnes en continuant à s'amuser !»

Objectif pour le moment atteint avec un très beau disque qui sortira dans plusieurs pays et qu'ils défendront sur scène en France, en Allemagne et en Autriche notamment. Sans oublier leurs prochain passage à l’Éden de Charleroi et lors du très chouette festival AB /Bota à Bruxelles.

Festival qui vise à partager les nombreux talents de chez nous dans un esprit d'échange et de camaraderie entre les deux lieux culturels bruxellois, appartenant chacun à une des communautés linguistique. Une très belle initiative qui, comme la carrière de Dan San mérite d'être encouragée !

François Colinet

Dan San « Domino » (Jaune / Orange – PIAS)




En concert, entre autres, le 4 février à l’Éden de Charleroi et le 25 février au Botanique.

Festival AB / Bota le 24 février à l'Ancienne Belgique et le 25 au Botanique à Bruxelles.

Dan San en live dans le studio de Pure FM




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