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Donner à un enfant le nom de famille de sa mère, un acte toujours marginal

Le double nom de famille

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09 juin 2022 à 04:00 - mise à jour 11 juin 2022 à 19:38Temps de lecture2 min
Par Clara Weerts avec Isabelle Huysen

Depuis 2014, le nom de famille du père n’est plus systématiquement transmis à son enfant. Comme il faut être deux pour faire un enfant, maintenant, il faut être deux pour choisir le nom de famille de celui-ci. Rencontre avec des parents qui ont fait le choix, toujours hors du commun, de transmettre plus que le nom du père.

Le nom de sa mère et pas un de plus

Les parents de Solal ont choisi son prénom, mais aussi son nom. Ensemble, ils ont décidé de lui transmettre le nom de sa mère. Un choix politique avec lequel le père, François Roland, était complètement d’accord : "Après des siècles d’invisibilisation des femmes, cette décision me semblait logique. C’est un choix de société. On se dit que maintenant qu’on peut, c’est normal que la femme aussi puisse laisser son nom à ses enfants."

Ce papa a choisi de donner à son enfant le nom de sa mère
Ce papa a choisi de donner à son enfant le nom de sa mère Tous droits réservés

Le nom de la mère et du père

La plupart des couples qui se posent la question choisissent souvent de donner leurs deux noms. Celui du père et de la mère. Ou de la mère et du père. L’ordre des deux reste un choix à poser.

Les parents de Célestin ont décidé de céder la première place à Sophie Gérard, la mère, et ce, en toute connaissance de cause. "On sait qu’à l’usage c’est plutôt le premier nom qui va rester. Si le professeur est un peu paresseux et ne donne que le premier par exemple. C’était une façon de marquer le coup, pour nous. Le nom de la mère est tout aussi important que celui du père. C’est important qu’il puisse rester au fur et à mesure des générations."

C’était donc un acte symbolique avec lequel le papa, Jean-Guy Pecher était tout à fait d’accord. "Pour nous, c’était important qu’il y ait une trace du père et de la mère. Il n’y a pas de perte de fierté de ma part de ne pas avoir mon nom en premier. C’est quelque chose de simple. Notre enfant quand lui devra léguer son prénom il choisira."

Ces parents ont donné un double nom à leur fils.
Ces parents ont donné un double nom à leur fils. Tous droits réservés

Une évidence pour Sophie et Jean-Guy, qui reste une incompréhension pour beaucoup d’autres parents. En Belgique, plus de 113.000 bébés sont nés en 2020. Selon Statbel, l’office belge des statistiques, environ 6200 bébés ont reçu un double nom. Les doubles noms restent donc largement minoritaires.

Le nom du père, car on ne peut plus changer d’avis

Si les parents changent d’avis, impossible de retourner en arrière. Quand son second fils est né, le mari de Céline Cocq lui a posé la question. Peu attachée à son nom de famille, elle préfère que son fils ne reçoive que le nom de son père. Aujourd’hui, elle le regrette. "On l’a éduqué dans un souci d’égalité, en le sensibilisant aux droits femmes hommes. Maintenant, je me dis que la base n’est pas là ! Pour moi, c’est une contradiction. Mon petit garçon m’interpelle souvent. Maman quand est-ce que je vais enfin pouvoir avoir ton nom ? J’ai des copains qui ont les deux."

Aujourd’hui, impossible de changer d’avis, ce que Céline regrette : "Une fois qu’on a pris la décision, la décision est irrévocable. Le SPF Justice estime que la prise de conscience égalitaire n’est pas une raison suffisante pour changer de nom. Les juristes disent que ça n’a aucune chance d’aboutir car la loi existe et il fallait saisir sa chance à la naissance."

A cause de la législation, cette mère ne peut pas donner à son fils son nom de famille.
A cause de la législation, cette mère ne peut pas donner à son fils son nom de famille. Tous droits réservés

Visiblement, beaucoup de parents ignorent cette loi qui date d’il y a 8 ans alors qu’elle a mis fin à une tradition vieille de plusieurs siècles.

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Archives : JT du 24/04/2014

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