Double Shot : Baby Please Don't Go

Double Shot

Célèbre intro à la guitare, il s’agit de ''Baby, Please Don’t Go'' dans la version de Them, le groupe de Belfast de l’incomparable Van Morrison, âgé à l’époque de 19 ans. Lorsque le morceau, produit par Bert Berns, sort en 1964 sur Decca au Royaume-Uni et sur Parrot en 65 aux États-Unis, il s’agit de la face A du 45 Tours dont la face B n’est autre que ''Gloria''. Grâce à cette version ce titre intégrera aussi la musique rock.

Them - Baby Please Don't Go.mp4

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Them - Gloria (Live in France)

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Il faut dire qu’un des musiciens participant à l’enregistrement n’est autre que Jimmy Page, guitariste de session à l’époque (même si sa contribution exacte reste l’objet de toutes les discussions).

Mais la version originale, façon de parler puisqu’il s’agit d’un traditionnel, est bien plus vieille. Elle a été enregistrée le 31 octobre 1935 à Chicago sur le label Bluebird et était interprétée par Joe Williams’s Washboard Blues Singers. Elle était sortie en 78 tours et la face B était ''Wild Cow Blues''.

Le thème de la chanson est simple, il s’agit de l’expression de l’anxiété d’un prisonnier qui croit que sa bien-aimée ne sera plus là quand il rentrera à la maison.

« Now baby please don’t go, now baby please don’t go
Baby please don’t go back to New Orleans, and get your cold ice cream
I believe there’s a man done gone, I believe there’s a man done gone
I believe there’s a man done gone to the country farm, with a long chain on »

''Baby, Please Don’t Go'' est une des chansons blues les plus jouées, les plus arrangées et réarrangées de l’histoire du blues. C’est Big Joe Williams, le chanteur de Delta Blues, qui a popularisé la chanson en en faisant plusieurs versions dès le début 1935.

Big Joe Williams - Baby Please Don't Go

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ORIOLES- BABY PLEASE DON'T GO

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Après la seconde guerre mondiale pas mal d’artistes de Chicago Blues et de rhythm and blues se sont emparés de la chanson pour l’adapter dans différents nouveaux styles. Voici par exemple la version doo-wop des Orioles qui atteignit en 1952 le Top Ten de ce qu’on appelait encore à l’époque les Race Records Charts. En 1953 Muddy Waters enregistra le morceau avec un groupe de Chicago blues électrique, sa version fut probablement celle qui eut le plus d’influence sur les suivantes. Dès le début des fifties la chanson était devenue un standard du blues. Muddy Waters en fit plus tard une version avec certains membres des Rolling Stones.

Muddy Waters & The Rolling Stones - Baby Please Don't Go (Live At Checkerboard Lounge)

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Grâce à l’arrangement rock ''uptempo'' de Them en 64, le morceau devient aussi un standard du rock qui sera entre autres repris par AC/DC comme plage d’ouverture de ''High Voltage'' sorti en 75.

AC DC Baby, Please Don't Go 1975

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Ou encore par Aerosmith sur l’album de reprises blues ''Honkin’on Bobo'' sorti en 2004.

Aerosmith - Baby, Please Don't Go

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D’autres encore se sont attaqués à ''Baby, Please Don’t Go'' tels que Billy Lee Riley, Doctor Ross, Bukka White, Tom Rush, Georgie Fame, Eric Andersen, The Amboy Dukes, Cuby and the Blizzards, Al Kooper, Ten Years After…

Billy Lee Riley - Baby please don't go

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Baby Please Don't Go

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Baby Please Don't Go (Extended Version / Live)

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Baby Please Don't Go (Live)

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Paul Butterfield, Budgie, Gary Glitter, Willie and the Poor Boys, The Cowboy Junkies, John Mooney, Dr Brown, W.C.Spencer ou encore le groupe 13 et une centaine d’autres bands. La conséquence de ces reprises est que ''Baby, Please Don’t Go'' se retrouve bien sûr dans le Hall Of Fame du Blues mais aussi dans le Hall of Fame du Rock and Roll.
 

Paul Butterfield's Better Days - Baby Please Don't Go

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Gary Glitter - Baby Please Don't Go

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John Mooney "Please Don't Go" Live at KDHX 08/19/10 (HD)

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La chanson serait inspirée par la chanson ''Long John'', un vieux thème folk qui date de l’époque esclavagiste aux États-Unis, la mélodie est aussi basée sur l’''Alabama Bound'', une chanson vaudeville de 1925 qui inspira des variantes comme ''Elder Greene Blues'' ou encore ''Don’t You Leave me Here'' enregistrées par des bluesmen comme Charlie Patton, Lead Belly, Monette Moore, Henry Thomas ou encore Tampa Red. Big Joe Williams dira parfois que la chanson avait été composée par sa femme, la chanteuse Bessie Mae Smith, aussi connue sous les pseudos Blue Belle et St Louis Bessie (rien à voir avec la grande Bessie Smith).

Lightning- Long John (Old song by a chain gang)

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Jelly Roll Morton "I'm Alabama Bound" Library Of Congress Recordings Spanish Subs

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DON'T YOU LEAVE ME HERE by Jelly Roll Morton - NEW ORLEANS MEMORIES 1939

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Pour la première session d’enregistrement du 31 octobre 1935 de « Baby, Please Don’t Go » pour Lester Melrose, patron de Bluebird Records, Big Joe Williams (aux vocaux et guitare) était accompagné de Dad Tracy (au violon à une corde) et de Chasey ''Kokomo'' Collins (au washboard) qui recevront le nom de ''Joe Williams’Washboard Singers'' sur le single.

Le 12 décembre 1941 Big Joe Williams, armé de sa guitare 9-cordes, réenregistre le morceau à Chicago pour le label Bluebird avec des arrangements et des paroles plus modernes. On retrouve Sonny Boy Williamson à l’harmonica, Alfred Elkins jouant d’une imitation de basse, probablement une ''washtub bass''.

En 1947 il remet le couvert pour Columbia Records avec Sonny Boy Williamson, Ransom Knowling à la basse et Judge Riley à la batterie pour une version de blues plus urbain.

Ses diverses versions en inspireront d’autres, comme celles de Lightnin’Hopkins, Papa Charlie McCoy, Leonard « Baby Doo » Caston, John Lee Hooker, Big Bill Broonzy ou encore de Billy Wright…

Baby, Please Don't Go - Lightnin' Hopkins

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John Lee HOOKER - Baby Please Don't Go (Live 1970)

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Il y eut aussi la version afro-cubaine de Rose Mitchell ou la jazz-blues de Mose Allison… Quant à Muddy Waters, il en enregistra plusieurs versions sous différents titres, souvent accompagné par Little Walter et Jimmy Rogers.

Rose Mitchell - Baby Please Don't Go

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Mose Allison - Baby Please Dont Go

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Muddy Waters - Baby, Please Don't Go (Live)

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John Lee Hooker&Van Morrison

John Lee Hooker l’interpréta avec Van Morrison à l’harmonica en 1992.

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