Double Shot : The House of the Rising Sun

Double Shot

© animals

“The House of the Rising Sun” est une chanson folk traditionnelle parfois appelée “Rising Sun Blues” dont il existe de multiples versions. C’est l’histoire d’une vie qui foire et c’est surtout une véritable mise en garde afin d’éviter le même sort. Comme pour beaucoup de grandes ballades folks classiques, l’auteur est incertain et son origine pourrait remonter au 16e siècle. Alan Lomax, l’un des plus grands ethnomusicologues au monde, affirme que ''Rising Sun'' était le nom d’un bordel apparaissant dans 2 chansons traditionnelles anglaises mais aussi le nom d’un certain nombre de pubs anglais.

Il semblerait que la localisation soit passée de l’Angleterre à la Nouvelle Orléans grâce à des chanteurs blancs du Sud. La chanson ''House of Rising Sun'' était déjà connue par les mineurs en 1905. La plus vieille version publiée le fut en 1925 dans le magazine ''Adventure'', dans la rubrique ''Old Songs That Men Have Sung''. Ce qui est intéressant avec cette chanson, c’est la manière parfois très différente d’aborder ce même morceau. Au début il est interprété de façon fort bluesy comme dans cette version de Leadbelly qui date de 44 (et de 48 pour sa deuxième version), elle engendrera beaucoup de versions du même type.

Mais il existe aussi des versions plus musclées, plus rock, comme celle des Animals en 64, avec la voix inimitable d’Eric Burdon qui semblait en donner la version définitive. L’interprétation du groupe de Newcastle devint numéro 1 tant aux États-Unis qu’au Royaume Uni, ou même en France. Ce qui en fit ce qu’on nomma le 1er hit de ''folk rock''. Les Animals en avaient transformé le contenu et étaient passés du point de vue d’une femme vivant une vie de plus en plus dépravée à celui d’un homme dont le père était un joueur et un poivrot, changeant ainsi totalement l’histoire de la pauvre femme évoquée dans les versions antérieures.

Une autre version intéressante nous vient de Detroit en 1969, elle se vendit à un million d’exemplaires. C’est celle de Frijid Pink, totalement psychédélique avec le son de la guitare distordue de Gary Ray Thompson avec effets fuzz et pédale wah-wah et celui de la batterie frénétique de Richard Stevers.als !

A mentionner aussi celle de Jodie Miller en 73 qui se classa dans les charts country, celle de Geordie en 74 (sur l’album ''Don’t Be Fooled by the Name''), le groupe de Brian Johnson qui rejoignit AC/DC plus tard ainsi que celle de Thin Lizzy, en version instrumentale simplement nommée ''Rising Sun'' sur l’album hommage à Deep Purple, ''Funky Junction Play a Tribute to Deep Purple''.

En septembre 1981, Dolly Parton propose sa version (sur l’album ''9 to 5 and Odd Jobs'') et le groupe heavy metal américain Five Finger Death Touch en fait une version mémorable sur son 5e album en 2013 (''The Wrong Side of Heaven, the Righteous Side of Hell, Volume 2'') avec en prime une superbe vidéo à la Mad Max, transférant l’action cette fois à Sin City, Las Vegas étant finalement le lieu de perdition par excellence. De plus, c’est la ville dont ils sont originaires. Le chanteur Ivan Moody déploie tout son talent de vocaliste dans cette interprétation mémorable.

Beaucoup d’autres s’y sont essayés : Woody Guthrie, The Weavers, Pete Seeger, Miriam Makeba, Joan Baez…

Nina Simone, Tim Hardin, The Chamber Brothers…

Mais aussi Bob Dylan (sur son premier album), Josh White, B.J.Scott en compagnie de Milla Brune et Typh Barrow…

Dick Annegarn, Roman, Walls of Jericho, Leslie West…

Tracy Chapman, Marie Laforêt, et White Buffalo…

La version française la plus connue est assurée par Johnny Hallyday et l’espagnole par Los Speakers.

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