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Coronavirus

Douze organismes réclament plus de cohérence et d'humanité lors des visites à l'hôpital et en maison de repos

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Covid: le droit de visite en hapitaux et maison de repos en question

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Alors qu'une éclaircie s'installe dans un ciel embrumé depuis deux ans par la crise du coronavirus, les personnes hospitalisées ou résidant en maison de repos et leurs familles continuent de jongler avec des mesures restrictives strictes et des règles variables entre institutions, dénoncent lundi 12 organismes dans un communiqué commun.

La Ligue des familles, la Ligue des droits humains et leurs cosignataires appellent à une approche plus humaine de la question et à un cadre légal uniforme, débattu et voté au parlement.

Maxime Michiels, du Service d'études et d'action politique de la Ligue des familles expliquait dans Matin Première qu'il y a encore de nombreuses familles qui sont dans de grandes souffrances: "Depuis quelques mois, on est régulièrement interpellé par des familles, que ce soit pour des problématiques de maisons de repos ou d'hôpitaux, où les visites sont très fortement restreintes. Ça pose donc une série de difficultés pratiques, relationnelles, d'isolement aux personnes âgées, aux personnes hospitalisées et à leur famille qui aimerait bien pouvoir continuer à les voir. Pour nous, ce Codeco représentait une forme d'espoir, puisqu'on espérait que le retour à la normale pour le reste de la société signifierait un retour à la normale pour les maisons de repos et les hôpitaux. Malheureusement, aujourd'hui, le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est le flou. On ne sait pas, puisque rien n'a été dit au niveau du Codeco, si les visites vont pouvoir reprendre comme avant. Mettons-nous donc à la place de cette dame qui disait que sa fille la visitait une fois tous les deux jours avant la crise. Aujourd'hui, est-ce qu'elle peut le faire ou non ? On n'a pas la réponse à lui donner. En tout cas, si les règles qui sont celles qui existaient la semaine passée existent toujours cette semaine-ci, la réponse est non, a priori".

 

A Bruxelles, il y a un cadre relativement restreint, donc les maisons de repos ne peuvent pas faire n'importe quoi à l'intérieur de ce cadre. Par contre, en Wallonie, il y a une liberté qui est donnée à l'établissement pour pouvoir prendre des règles plus restrictives que celles qui sont données par les guidelines de l'AVIQ, l'Agence wallonne pour la qualité de vie, qui est l'administration en charge des maisons de repos. "Mais du coup, ça pose un problème, puisqu'à un moment donné, qui décide de restreindre le droit aux visites ? Sur quelle base ? Est-ce qu'il y a une forme de légalité à ces décisions ? Pour nous, en tout cas, pas".

Aujourd'hui, dans les maisons de repos, il y a encore un système de bulle, alors qu'ailleurs dans la société, ce principe est complètement oublié ?

"Depuis très longtemps, on a abandonné le système de bulle pour tous les autres aspects de la vie en société, parce qu'on s'est bien rendu compte que la bulle ne correspondait pas à la réalité des familles, que c'était basé sur un modèle familial d'un autre siècle et que ce n'était aujourd'hui pas possible d'utiliser ça, à la fois pour des questions de santé publique et des questions familiales. Mais dans les maisons de repos, c'est toujours le cas, il y a toujours une bulle de cinq visiteurs en Wallonie et à Bruxelles, voire même de deux visiteurs en Wallonie à certains stades. Et donc, on se retrouve avec cette incohérence qui est de dire " pourquoi est-ce que ça subsiste là, alors qu'ailleurs on a tous accepté que ça devait disparaître ? "

Dans les maisons de repos, à Bruxelles et en Wallonie, il existe des guidelines avec plus ou moins de liberté pour les suivre. "Mais dans les hôpitaux, il n'existe rien. Donc, c'est chaque médecin-chef d'hôpital qui décide lui-même de restreindre les droits fondamentaux des patients aux visites. Et par ailleurs, c'est possible que chaque chef de service en lui-même soit capable de prendre ces restrictions aussi. Et donc, ça pose un vrai problème de légalité, puisque ce n'est même plus, à la limite, une administration ou quelque chose qui a un contact plus ou moins distant avec le politique qui prend ces décisions, c'est juste un médecin qui est très compétent en ce qui concerne la santé, mais par contre, en matière de droits fondamentaux, il faut quand même prendre ça avec un tout petit peu plus de sérieux, à mon avis, que de simplement dire " chacun fait ce qu'il veut ". Donc, on se retrouve effectivement dans des situations où, à situation épidémique égale, deux hôpitaux bruxellois distants de 800 mètres décidaient le même jour d'interdire totalement les visites, sauf quelques rares exceptions, ou de les autoriser jusqu'à deux visiteurs par jour pour tous les patients de l'hôpital. Donc, quand on regarde ça, on se demande où est la pertinence de ces règles, puisqu'à un moment donné, manifestement, devant la même situation, il est possible de faire des choix qui sont radicalement différents."

 

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