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Drame de Melilla : les migrants morts par "asphyxie", selon une enquête marocaine

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13 juil. 2022 à 15:33Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Adeline Louvigny

Les migrants africains ayant trouvé la mort fin juin lors de la tentative d'entrée de force dans l'enclave espagnole de Melilla (nord du Maroc), ont péri par "asphyxie mécanique", a indiqué mercredi le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), un organisme officiel marocain.

"La mission du CNDH confirme que 23 migrants sont morts à la suite de la tentative de passage vers Melilla", a déclaré Amina Bouayach, présidente du CNDH lors d'une conférence de presse à Rabat pour présenter les conclusions préliminaires de la "mission d'information" confiée au CNDH après le drame.

Après l'examen des cadavres, le docteur Adil el-Sehimi, qui a pris part à la mission d'information du CNDH, a dit privilégier la piste de l'"asphyxie mécanique" comme cause des décès, tout en préconisant d'attendre les résultats des autopsies qui sont "toujours en cours".

"Assaut d'une singularité inédite"

Dans ses conclusions, le CNDH a décrit le mode opératoire de cet "assaut d'une singularité inédite" quand près de 2000 clandestins ont tenté de forcer le passage à la frontière avec l'enclave espagnole de Melilla, à partir du territoire marocain, le 24 juin.

"Munis de bâtons et de pierres, les migrants, en majorité des Soudanais et venus en grand nombre, se sont séparés en deux groupes : le premier a pris d'assaut un poste frontière fermé depuis 2018 et le deuxième a escaladé les murs surmontés de barbelés avoisinants", selon le CNDH.

C'est au niveau de la zone tampon, équipée de tourniquets manuels permettant le passage d'une seule personne à la fois, du poste-frontière entre le territoire marocain et l'enclave espagnole que le drame a eu lieu, selon le CNDH.

"Un nombre important de migrants se sont retrouvés entassés dans cette zone étroite, ce qui a engendré des bousculades entraînant la suffocation des migrants", a ajouté le Conseil.

Quant à "l'usage excessif" de la violence de la part des forces de l'ordre marocaines, dénoncé par l'ONU, l'Union africaine (UA) et des ONG de défense des droits humains, le CNDH a assuré que la répression marocaine faisait suite "au danger du nombre important de migrants armés de bâtons et pierres".

Ce drame est le plus meurtrier jamais survenu lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l'UE avec le continent africain.

Sur le même sujet : JT du 25/06/2022

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