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Drame de Bracquegnies

Drame de Strépy-Bracquegnies : "Meurtre ou homicide involontaire, l’intention du conducteur sera déterminante"

21 mars 2022 à 21:56Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

6 morts et des dizaines de blessés. Le drame de Strépy-Bracquegnies laisse encore pas mal de questions sans réponse.

Comment expliquer un tel carnage ? Pourquoi le conducteur ne s’est pas arrêté après l’accident ? Pour l’avocat pénaliste Antoine Leroy, interrogé sur le plateau de QR l’actu, il sera essentiel de déterminer l’intention du conducteur du véhicule : "Etait-il animé par une intention de tuer, a-t-il agi délibérément dans ce but-là ou au contraire s’agit-il d’un accident de la circulation parce qu’il a été imprudent ou parce qu’il était sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiant ?" 

Cette question est déterminante parce que dans le premier cas, on sera face à un meurtre avec une peine qui peut aller jusqu’à 30 ans de prison ou alors c’est un accident de la circulation et donc un homicide involontaire et dans ce cas, la peine maximale est de 5 ans de prison.

Pour qualifier cette infraction les enquêteurs vont récolter un maximum d’éléments comme les traces de freinage éventuel, la trajectoire du véhicule, la vitesse, etc. Outre ces éléments objectifs, les enquêteurs et la justice pourront se baser également sur les témoignages du conducteur et du passager comme l’explique l’avocat pénaliste.

Justice trop laxiste ?

L’un des deux passagers avait donc été déchu du droit de conduire en 2017, avant de suivre et de réussir des examens de réintégration. Alors la justice n’est-elle pas trop laxiste avec des récidivistes ?

Le porte-parole de Vias précise qu’un automobiliste est considéré comme récidiviste aux yeux de la loi s’il commet une autre infraction après une première, dans les trois ans qui suivent cette première infraction. "Dans ce cas-ci, la première aurait été commise en 2017. Au sens de la loi, le chauffeur ne serait pas un récidiviste. Il est clair que 3 ans, cela peut paraître peu et que l’on pourrait peut-être modifier la loi pour allonger ce délai".

La législation est déjà très dure

Pour Antoine Leroy, il ne faut adapter la législation quand un fait exceptionnellement grave s’est passé puisque cette nouvelle législation s’appliquera par la suite à des faits ordinaires : "La législation est déjà très dure en termes de déchéance du droit de conduire", explique-t-il,  avec de multiples examens pour récupérer son permis, avec le dispositif "alcolock" quand on a conduit sous influence de l’alcool.

 "Dans certains cas, la déchéance du permis de conduire peut être de 3, 6 voire 9 mois" , ajoute Antoine Leroy. "Il faut avoir à l’esprit que les personnes condamnées à la déchéance du permis ne peuvent plus aller au travail, plus conduire leurs enfants à l’école, se livrer à leurs activités quotidiennes alors qu’ils ont commis des faits nettement moins graves que celui dont on parle actuellement." Donc attention à toujours durcir la législation sous le coup de l’émotion.

QR l'actu

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