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Drame de Strépy-Bracquegnies : qu’est-ce qu’un système anti-collision et quelles sont ses limites ?

La BMW impliquée dans le drame qui a secoué Strépy-Bracquegnies dimanche dernier était, semble-t-il, équipée un système anti-collision.

Selon les premiers éléments de l’enquête, il semble que la BMW 530e, conduite par Paolo F. et qui a foncé dans le groupe de gilles et leurs proches ce dimanche à Strépy-Bracquenies, était équipée d’un système anti-collision.

Ce système, "on le retrouve dans toutes les voitures récentes", nous explique Dominique Duysinx, expert automobile et en accidentologie.

Qu’est-ce qu’un système anti-collision et comment cela fonctionne ?

Concrètement, il s’agit d’un système "front assist". Autrement dit, un système de freinage automatique basé sur "une caméra LiDAR qui se trouve à l’avant du véhicule". Une caméra basée sur une méthode de télédétection et de télémétrie semblable à un radar. Un système d’onde, émettant des impulsions de lumière infrarouge, qui permet d'"inspecter ce qu’il se passe devant le véhicule" et de prévenir le conducteur en cas d’obstacle (un piéton, un animal ou encore un véhicule), précise cet expert. Et "à un certain moment, quand on est vraiment très près, à 2-3 mètres, il va déclencher le freinage d’urgence et donc, freiner avec le maximum de possibilité de la voiture avec la limite de l’adhérence pour éviter la collision".

Et de donner en exemple : "Quand on est dans une circulation avec un véhicule devant nous et puis, le véhicule devant nous freine et bien, au dernier moment, il va freiner pour éviter la collision".

Un système qui a ses limites

Mais si cette BMW dispose effectivement d’un système anti-collision, pourquoi ne s’est-elle pas arrêtée à l’approche du groupe ?

Deux hypothèses :

  1. D’abord ce système ne fonctionne qu’à des vitesses comprises entre 10 et 60 km/h. Or, lors de son interrogatoire par le procureur du Roi, le chauffard a reconnu avoir roulé à une vitesse supérieure à la vitesse autorisée (90 km/h à un endroit où elle est limitée à 50 km/h)Une limite imposée pour des raisons de sécurité, "car les conséquences peuvent être encore plus graves" à haute vitesse. Notamment en provoquant "une perte de contrôle de la voiture" suite à ce freinage brusque ;
  2. Ensuite, puisqu'il semble que le conducteur ait freiné avant l'impact, ce système aurait pu se mettre en marche automatiquement. A moins, que le jeune conducteur ait intentionnellement désactivé le système. Parce que ce système "peut fonctionner de manière intempestive quand on se retrouve dans des bouchons", cite en exemple Dominique Duysinx, avec un freinage brutal quand on est un peu trop près de la voiture qui nous précède. "Et cela peut vite être embêtant, surtout pour les gens qui vont souvent en ville". Reste que pour désactiver ce système, il faut "reprogrammer le calculateur de la voiture, en l’empêchant de fonctionner". Mais "je pense que quelqu’un d’un petit peu aguerri peut le faire", estime cet expert automobile et en accidentologie.

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