Justice

Drogue et crime organisé dans les grandes villes : le Fédéral et les bourgmestres cherchent des solutions

15 sept. 2022 à 14:33 - mise à jour 15 sept. 2022 à 15:26Temps de lecture5 min
Par J-Fr. Noulet, avec M. Allo et S. Lepage

La lutte contre la criminalité organisée, notamment liée à la drogue, c'est le sujet qui a réuni, autour du Premier ministre Alexander De Croo, les ministres de l'Intérieur, de la Justice, de la Santé et des Finances et les bourgmestres des principales grandes villes du pays, ainsi que le procureur général, le procureur fédéral et des représentants de la police fédérale et des douanes.

Les bourgmestres des grandes villes demandent depuis des mois, voire plus, des moyens supplémentaires et une plus grande implication du niveau fédéral pour les aider à enrayer la progression de la criminalité organisées, notamment celle liée à la drogue, sur leur territoire.

Les grandes villes veulent plus de moyens

A leur arrivée au Palais d'Egmont, les bourgmestres des grandes villes donnent le ton, ils ont besoin d'aide pour lutter contre la grande criminalité.

Toutes les grandes villes sont confrontées à des problèmes de criminalité organisée, de trafic de drogue en particulier, mais, explique, à la RTBF, Paul Magnette (PS), le bourgmestre de Charleroi, "les grandes villes n'ont pas les moyens de les affronter elles-mêmes".  "Les polices locales font un boulot formidable, mais il faut absolument un relais du parquet et du parquet fédéral et des coordinations beaucoup plus fortes avec la police fédérale", ajoute le bourgmestre de Charleroi qui espère aussi "des grandes opérations anticriminelles organisées à l'échelle de la Belgique".

A Liège, le bourgmestre Willy Demeyer (PS), au micro de notre rédaction, plaide lui aussi pour "un plan global intégré". "Tout seul, on ne s'en sortira pas", ajoute-t-il.  Pour lui, l'état doit s'impliquer d'avantage aux côtés des grandes villes et "travailler de la prévention à la répression". Il demande aussi le renfort de la police fédérale et de la magistrature, "déforcés par le passé".

Le bourgmestre de Bruxelles, lui, insiste aussi sur la nécessité d'un plan de santé publique. "Dans une situation de combat terrible face aux trafiquants, ont doit aussi se poser des questions sociétales et offrir des trajets socio-sanitaires aux consommateurs", estime Philippe Close. Cette dimension "santé et prévention" doit s'ajouter aux nécessaires moyens policiers.

Le bourgmestre de Bruxelles souligne aussi la nécessité d'une coordination et d'une solidarité avec "ce qui se passe à Anvers, qui se déverse aussi sur nos villes".

A Liège, le bourgmestre Willy Demeyer (PS), au micro de notre rédaction, plaide lui aussi pour "un plan global intégré". "Tout seul, on ne s'en sortira pas", ajoute-t-il.  Pour lui, l'état doit s'impliquer d'avantage aux côtés des grandes villes et "travailler de la prévention à la répression". Il demande aussi le renfort de la police fédérale et de la magistrature, "déforcés par le passé".

Le bourgmestre de Bruxelles, lui, insiste aussi sur la nécessité d'un plan de santé publique. "Dans une situation de combat terrible face aux trafiquants, ont doit aussi se poser des questions sociétales et offrir des trajets socio-sanitaires aux consommateurs", estime Philippe Close. Cette dimension "santé et prévention" doit s'ajouter aux nécessaires moyens policiers.

Le bourgmestre de Bruxelles souligne aussi la nécessité d'une coordination et d'une solidarité avec "ce qui se passe à Anvers, qui se déverse aussi sur nos villes".

A Anvers, Bart De Wever craint le saupoudrage dans le reste du pays

Pour Bart De Wever, interrogé par la RTBF à l'entame de la réunion, souligne que le gros problème de criminalité organisée se situe "à Anvers, au port d'Anvers et aussi dans l'arrondissement de Bruxelles".  Pour lui, il faut "un plan ciblé sur les deux grandes villes", craignant "un saupoudrage sur le reste du pays".

Anvers est devenu la plaque tournante européenne du trafic de cocaïne car le port d'Anvers est aussi le principal d'entrée des marchandises venus d'Amérique latine.  "C'est vrai qu'on est en grande difficulté pour l'instant", "le problème est là, c'est un problème européen", estime Bart De Wever.

 

Police, justice, ce que le gouvernement dit avoir déjà mis sur la table

A cette réunion avec les bourgmestres des grandes villes, le gouvernement fédéral est venu avec "des choses à présenter", comme l'a dit le Premier ministre, Alexander De Croo. "Par exemple l'approche administrative communale qui donne la possibilité à un bourgmestre d'intervenir pour fermer certains commerces quand il y a de grandes indications que c'est une couverture pour des activités criminelles", explique le Premier ministre.

Renforcement prévu pour la police fédérale

Le Premier ministre rappelle aussi les moyens additionnels prévus pour renforcer la police fédérale. "Entre l'année prochaine et 2024, on fera 310 millions d'euros en plus, le recrutement de 1000 personnes en plus, dont 400 personnes pour la police judiciaire fédérale", explique le Premier.  Sa ministre de l'Intérieur abonde dans le même sens.

L’innovation et les nouvelles technologies sont également au cœur de la police de demain. Via le plan de relance, un budget d'investissement de 79 millions d'euros a été alloué pour financer le projet I-Police et près de 20 millions sont prévus pour accélérer la numérisation, a aussi communiqué le gouvernement.

Et de rappeler aussi, du côté du Premier ministre le résultat d'opérations comme celle qui a permis le démantèlement du système de communication SKY ECC" Avec Sky ECC, nous avons pu mettre des chiffres sur l’ampleur du défi auquel nous sommes confrontés, nous avons pu mettre des images sur la gravité des faits et nous avons surtout constaté que, comme dans d’autres pays voisins, la criminalité organisée s’étend à toutes les régions du pays et surtout aux villes centrales ", souligne le Premier ministre Alexander De Croo.

Et de plaider, dans le chef du Premier, pour "une méthode de coopération structurelle"

Du côté de la Justice, plus spécifiquement pour Anvers, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, confirme "la création d'un Procureur du Port".  Il prévoit aussi de "renforcer la justice, notamment en créant une chambre supplémentaire à Anvers". Suite à Sky ECC, le parquet d'Anvers a été renforcé de 21 employés, dont des procureurs. Le budget 2023 prévoit le recrutement de 3 procureurs supplémentaires. Au niveau de la police judiciaire fédérale, 211 enquêteurs ont été recrutés depuis le début de la législature. 195 détectives supplémentaires seront ajoutés. Les enquêtes sur les flux financiers à l'origine des organisations criminelles ont été pointées comme prioritaires. Pour les mener à bien, il a aussi été décidé d'engager des magistrats de l'exécution pénale supplémentaires auprès des parquets : 6 procureurs généraux suppléants supplémentaires, 12 experts et de 6 assistants. Une majorité d’entre eux ont déjà été recrutés.

Toujours à Anvers, l'objectif est d'atteindre un taux d'inspection de 100% des containers dans le Port d'Anvers.  70 millions d'euros ont été budgétisés pour permettre le recrutement de 108 douaniers supplémentaires.  

Reste à voir si tout cela suffira à rassurer les bourgmestres des grandes villes et à les aider à lutter contre la grande criminalité et le trafic de drogue.

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