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Belgique

"Droit de suite" : depuis l’instauration de la zone 30 à Bruxelles, plutôt cinquante nuances de regrets ou trente glorieuses ?

Droit de suite

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1er janvier 2021. Passage à l’an neuf et à la vitesse de 30 à l’heure qui devient la norme en région bruxelloise. Une limitation qui concerne huit voies sur dix dans la capitale. Ce passage à vitesse modérée qui était loin de faire l’unanimité à l’époque, on s’en souvient. Si certains voyaient ça d’un bon œil, d’autres se montraient plus dubitatifs si pas carrément hostiles aux nouvelles mesures de mobilité. Ne va-t-on pas vers une augmentation des durées de temps de trajet ? L’enfer routier va-t-il devenir notre quotidien ?

Plus d’un an et demi après la mise en place de la mesure (qui s’est déclinée aussi dans certaines villes belges francophones, comme Charleroi, Mouscron ou Huy), Elisabeth Groutars et l’équipe de Matin Première faisaient le point ce jeudi.

Tout d’abord en allant voir du côté de la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen). Et celle-ci de parler d’un succès. Des évaluations sur un temps plus long doivent encore se faire mais la ministre de constater que jusqu’à présent le nombre d’accident et leur gravité a diminué. Soit environ 20% d’accident en moins. " La plupart des automobilistes respectent la zone 30, roule moins vite (de 10 à 20% moins vite) ". Cela engendre selon elle d’autres vertus : moins de bruit, un apaisement dans les quartiers.

Reportage de notre JT du 1er janvier 2021

Région bruxelloise / Zone 30 généralisée

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Moins de pollution ?

Elke Van den Brandt en mai dernier

Rouler à 30 à l’heure, est-ce meilleur pour l’environnement ? La ministre spécifie qu’il n’y a pas de chiffres à proprement parler en ce qui concerne la région bruxelloise – entre autres car la mesure intervient en même temps que d’autres, comme la " zone basse émission " -.

Mais elle note que des études spécifiques menées en Angleterre et en Allemagne sur des zones 30 tendent à démontrer une diminution de la pollution dans les rues depuis la mise en place de mesures similaires à la capitale belge. Si le fait de rouler à 50 à l’heure (à vitesse constante) va polluer moins qu’à 30, selon des études menées en laboratoire, c’est la fluidité du trafic qui joue.


A lire aussi : Rouler à 30 km/h : ça consomme plus ?


Et quand on roule moins vite, on freine donc moins intempestivement, on accélère moins brusquement, ce qui serait tout bénef pour la qualité de l’air en ville. Et la ministre de souligner que le but premier de la mesure est de toute façon d’agir pour une meilleure sécurité routière.

Tout le monde respecte ?

Ce que ne nie pas – et loin de là — l’institut Vias, qui par la bouche de son porte-parole, Benoît Godart, qui note néanmoins : " On constate des difficultés après une certaine heure de faire respecter le 30 à l’heure. Après l’heure de point du soir. Pourtant il y a autant d’usagers faibles après 19 heures que dans la journée, notamment en été. Il convient donc aux zones de police de faire plus de contrôles sur certains axes ".

Une limitation dans la grande majorité des cas (98%) respectée selon Elke Van den Brandt, mais qu’il convient de faire respecter encore davantage. Pour cela, elle annonce la mise en place de nouveaux radars, un renforcement de l’équipe de gestion des amendes et un travail pédagogique renforcé. " Il faut rappeler que cela permet de sauver des vies. Qu’il y a moins d’accidents, moins de blessés graves. De rappeler aussi que vous ne perdez pas plus de temps dans le trafic. Il y a moins de bruit aussi ". Que des avantages pour la ministre.


A lire aussi : Elke Van den Brandt reçoit un prix de la promotion du vélo à Lisbonne

 

"Good move" ou bad trip ?

La zone 30 permet d’activer aussi une autre phase du projet " Good move ", plus de mobilité qui tient au cœur de nombreux édiles bruxellois. Celui-ci vise notamment à créer une cinquantaine de " quartiers apaisés ". Et viser pour ce faire de diminuer le trafic de transit dans ces quartiers.

Il faut donc pour la ministre " canaliser le trafic de transit sur des axes structurants " – axes souvent où la vitesse permise est de 50 à l’heure -. Des quartiers ont déjà vu leur plan de mobilité transformé, comme Cureghem (Anderlecht). Le Pentagone (Bruxelles), Ixelles et Schaerbeek devraient bientôt lui emboîter le pas. Des mesures qui feraient gagner en qualité de vie selon la ministre verte.


Pour en savoir plus sur les "quartiers apaisés", suivez ce lien vers le site des autorités bruxelloises


Du côté des motards, par le biais de l’association moto défense, on n’est pas forcément du même avis, comme le souligne son président Lucien Beckers : " quand vous rentrez dans un quartier maintenant vous voyez des sens interdits partout pour vous obliger à revenir vers des axes principaux. Mais ce n’est pas coordonné entre les quartiers. Et les détours sont légion. Est-ce que ça, c’est apaiser ? Moins polluer ? Moins consommer ? ". Pour la ministre, l’apaisement viendra avec le temps. Cela nécessite d’abord une adaptation. Et le trafic de transit (qui représente 30 à 50% du trafic) devrait se tarir dans ces quartiers. Après quelques moins, il y aurait aussi, comme cela a été vu à Gand, moins de trafic sur ces fameux axes structurants.

Images d’illustration
Images d’illustration BELGA

Viaduc en sursis…

Herrmann-Debroux, sa station de métro, son viaduc. Son nom résonne dans les esprits de bon nombre d’automobilistes bruxellois et wallon. 65.000 navetteurs venant du sud de la capitale emprunteraient cet axe structurant tous les jours. La future démolition de cette porte d’entrée dans Bruxelles pour en faire un boulevard urbain fait jazzer, notamment du côté wallon. Qu’en est-il ?


A lire aussi : Elke Van den Brandt, ministre bruxelloise de la Mobilité : "Ce qui est radical, c’est de ne rien faire"


Elke Van den Brandt souligne que des concertations et des appels à la concertation existent. La vision stratégique a été faite (pas encore sur les points spécifiques). Les autorités sont maintenant à la recherche d’alternatives : nouvelle ligne de tram, parking de dissuasion, renforcement du RER, plus de place pour les cyclistes et les piétons… " Ce viaduc prend beaucoup d’espace. Espace que l’on ne peut pas utiliser pour d’autres modes de transports". Des concertations seront encore mises en place, notamment avec la Wallonie.

Archive d'"Antenne Soir" du 3 octobre 1972 (Sonuma)

Construction contestée du viaduc Herrmann-Debroux

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Portes d’entrée à d’autres projets

Et le réaménagement d’autres portes d’entrée (comme celui qui a déjà été fait avec la démolition du viaduc Reyers) est aussi à l’étude. Cela concerne la porte de Ninove, le boulevard Charles Quint, le pont van Praet, la fin de l’A12 (venant d’Anvers-Boom).


A lire aussi : Nostalgie : les photos du viaduc Reyers au moment de sa construction


Le but ultime : créer de la place pour d’autres moyens de transport que la voiture sans diminuer les temps de parcours et la fluidité du trafic. Gageons que ce soit une affaire qui roule.

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