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Du naufrage à l'optimisme : le rebond de Mercedes

Mercedes : du naufrage à l'optimisme

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26 août 2022 à 09:31Temps de lecture3 min
Par Thibaut Rinchon avec Maxime Berger

Mercedes a vécu un début de saison particulièrement mouvementé. Une année perturbée par le changement de règlement. Durant les essais hivernaux, Ferrari et Red Bull sont bien, Mercedes par contre commence déjà à semer le doute. "Honnêtement, on ne sait pas du tout où on se situe. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas devant. Ferrari et Red Bull sont dans une autre division je pense", confessait Lewis Hamilton.

Coup de bluff ou inquiétudes fondées : les premiers GP montrent que Mercedes n’avait pas tort de se faire du souci. L’équipe n’arrive pas à régler le problème de rebond qui lui empoisonne la vie depuis le début de saison. La Mercedes pointe souvent une seconde pleine des meilleurs… un gouffre en F1. "Vous voyez qu'on souffre énormément de rebond, surtout en ligne droite, en comparaison avec la Red Bull par exemple, qui est aussi plate qu'un pancake", analyse George Russell.

2022 : scénario peu commun d’un Hamilton qui bataille en milieu de peloton. 
"Tu te retrouves dans une situation que tu n'avais pas imaginé. Il y a quatre mois, on a gagné le championnat des constructeurs. On revient sur le circuit... et on est dixième", constatait Toto Wolff, le big boss.

Un plan sur dix ans

Ferrari et Red Bull prennent le large. Russell exploite pleinement les soucis de la concurrence et multiplie les top 5 mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Hamilton, 28 points en 4 courses, vit son plus mauvais début de saison depuis 2009. Problème : l'équipe n'arrive pas à travailler sur le problème de rebond en soufflerie, car le phénomène est impossible à reproduire. Durant les essais libres, le team procède par petits ajustements. Mercedes patauge pour régler ses soucis. "On a eu huit années de suite de grand succès Pour continuer, il faut avoir cette période. Mon plan, ce n'est pas une course ou un championnat. Je regarde sur dix ans. Je voudrais avoir une équipe, si on regarde dans dix années, qui a toujours été bien", analysait Wolff.

Espagne, cinquième rendez-vous de la saison, enfin une première éclaircie. Beaucoup moins de rebonds, les évolutions fonctionnent et enfin un sentiment... positif. Au fil des courses, la machine Mercedes prouve qu’elle n’est pas 8 fois championne du monde constructeurs par hasard. "On sait le niveau qu’il faut atteindre pour gagner un championnat du monde. Et nous savons aussi que 90% de la voiture est à même de nous permettre de gagner le championnat. Donc on doit concentrer nos efforts sur les petits éléments qui nécessitent encore des améliorations. Et si nous faisons ça, je suis sûr, nous pouvons revenir dans la bagarre", résumait Andrew Shovlin, ingénieur Mercedes.

Barcelone, bonne base de travail ou faux espoir de renouveau ? Le GP de Bakou apporte à nouveau son lot de rebond extrême...
avec un Hamilton s’extirpant difficilement de sa voiture tant il souffre du dos. Mais à Silverstone l’éclaircie aperçue plus tôt dans la saison se confirme… Hamilton joue devant pour la première fois de la saison. "Je ne m’étais pas encore retrouvé devant cette saison donc c’est un sentiment génial. Je ne pouvais pas croire que j’enchainais ces chronos. On me disait 'tour le plus rapide, tour le plus rapide'. C’était génial, je me demandais si c’était bien réel", souriait le pilote britannique.

Un coup de boost réel

Mercedes n’a jamais voulu trop s’enthousiasmer à la vue d’une amélioration, mais en Hongrie, le coup de boost est bien réel avec une pole position de Russell. Complètement inattendu. La première de la carrière du Britannique.

Finalement, sur papier, Mercedes a marqué plus de points que Ferrari lors des 9 dernières courses et a signé 11 podiums. "Ces performances ne sont pas du tout le fruit du hasard ou de la chance. Ils sont le résultat d’un travail acharné. C’est très inspirant pour moi dans cette première année de voir comment l’équipe a réussi à traverser ces problèmes. Et cela donne beaucoup d’optimisme pour la deuxième partie de saison. J’ai vraiment hâte de voir ce que cela donner à Spa-Francorchamps ce week-end", ponctue Russell.

F1 : George Russell et Lewis Hamilton (Mercedes)
F1 : George Russell et Lewis Hamilton (Mercedes) © Belga Image

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