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Du vin en vrac, à la santé de la planète

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01 juil. 2022 à 14:51Temps de lecture2 min
Par Véronique Fouya

Pierre Gelin ne s’en cache pas, au départ, sa démarche est surtout sentimentale : petit garçon, quand il se glissait dans l’atelier familial, il était impressionné par les caves sombres, les tonneaux, les cuves et surtout, les tas de bouteilles mises sur latte. Il est né dans une maison de négoce de vins, tenue par son père et son oncle. Aujourd’hui, il exerce lui aussi le métier et en remettant l’embouteillage au goût du jour, il apporte sa petite contribution à l’écologie. Dans le négoce du vin, ceux qui travaillent de cette manière se comptent sur les doigts de la main.

 

Moins de transports et d’emballages

Cette ligne d’embouteillage, le caviste l’a acquise en 2019. Au départ, elle était prévue pour les bouteilles bourguignonnes mais après l’avoir adaptée, elle permet également de faire des bordelaises. En une année, ce sont 200.000 bouteilles qui sont ainsi sorties de l’atelier, soit un petit quart de sa production.

" Je transporte du vin en camion-citerne ; tous les 15 jours je reçois environ 100 hectolitres en provenance de France ou du Portugal ; il est élevé et conditionné, mis en bouteilles dans la maison, le but étant de ne plus transporter d’emballages. Le bénéfice écologique est énorme : on arrive à transporter du vin depuis la cave du viticulteur jusqu’à celle du client sans autre emballage que cette bouteille que l’on va ensuite réutiliser. Mais mettre du vin en bouteille c’est délicat parce que c’est un produit fragile. Cela dit, bien maîtrisé, le procédé convient à tous les vins ; d’ailleurs, il se transporte mieux en camion-citerne qu’en bouteille : les gens savent qu’une demi-bouteille va vieillir plus vite qu’un magnum… eh bien nous avons ici un super magnum de 26.000 litres."

Pour aller jusqu’au bout de la logique, il s’apprête d’ailleurs à proposer à sa clientèle la consigne des vidanges ; cela n’a l’air de rien mais cela implique de concevoir un nouveau système d’étiquettes qui se décollent facilement à la machine, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Entre autres intérêts, cette consigne permettrait aussi de contrer la pénurie de bouteilles annoncée, deux des plus grandes usines verrières étant situées en Ukraine et donc fermées, en raison de la guerre.

Quant à l’impact sur les prix, il n’est pas négligeable : tout en réduisant son empreinte carbone, le caviste arrive également à faire baisser les prix : jusqu’à – 20% sur certaines bouteilles.

 

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