Chroniques

Ecole : le pari du quoi qu’il en coûte

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27 janv. 2022 à 07:05Temps de lecture2 min
Par Bertrand Henne

L’école ouvre grand ses portes aux élèves et à Omicron. Les classes ne fermeront plus quand il y aura des contaminations. Seuls les élèves positifs ou présentant des symptômes du coronavirus doivent rester à la maison. La Belgique confirme sa ligne : l’école quoi qu’il en coûte.

L’école en PLS

Omicron décime les classes d’après le secrétariat de l’enseignement catholique, près d’un tiers des élèves est aujourd’hui absent pour cause de corona dans le fondamental. Près d’un prof sur 5 manque à l’appel, bref, l’école est en PLS, elle est en train de collapser. Collapser, oui mais de quoi ? Est-ce qu’elle est terrassée par le virus ou par les règles de quarantaine ? Après des longues heures de discussions les ministres de la santé ont répondu à cette question c’est plutôt la quarantaine que le virus le problème.

Désormais donc, plus de fermeture de classes en cas de contamination. Plus de quarantaine pour les enfants qui ont un parent, un frère ou une sœur malade à la maison. La règle est simple, un enfant malade, qui a des symptômes, ne vient pas à l’école. Pour les parents et pour les écoles c’est un peu le retour à la normale.

(Un peu) le retour à la normale

Du côté de l’école les fermetures de classes, le tracing, toute cette gestion était devenue impossible, les écoles étaient littéralement submergées. Avec comme conséquence que les directions ne géraient plus leurs missions habituelles. La médecine scolaire ne faisait plus du tout ce qu’elle faisait d’habitude en termes de prévention, de dépistage. C’est aussi un peu le retour à la normale pour les familles : l’enfant est malade il ne va pas à l’école. Mais bien sûr ce n’est qu’un peu le retour à la normale, si la gestion des fermetures et des quarantaines est simplifiée, il reste désormais à gérer une école où le virus va circuler encore plus, avec fatalement plus d’enfants et de personnel malades.

Il y a un double pari dans cette décision. Le pari que la fin des quarantaines des cas contacts et des fermetures de classe ne va pas faire exploser les contaminations et donc le nombre de malades. Les autotests sont recommandés aux cas contacts pour éviter ce scénario. Mais à la différence du Royaume-Uni, les autotests ne sont pas distribués gratuitement et massivement dans les écoles. On compte donc sur la responsabilité des familles et sur leur porte-monnaie.

Ensuite il y a le pari que le personnel enseignant et d’encadrement soit en nombre suffisant pour encadrer le retour des élèves. Ce point en particulier est hautement hypothétique. Pour beaucoup d’enfants, l’école risque plus de ressembler à une garderie qu’à autre chose dans les prochaines semaines.

Quoi qu’il en coûte

Cette posture confirme une ligne presque invariablement tenue par la Belgique depuis le début de cette crise : laisser autant que possible l’école ouverte. Une sorte de “quoi qu’il en coûte” soutenu par un large spectre politique : de la N-VA de Ben Weyts au nord, au PS de Caroline Désir au sud, mais aussi aux libéraux et les écologistes. Une sorte d’unanimité, même si les discussions ont été longues hier.

Un front qui tient tant aux idéaux, au rôle de l’éducation, à l’intérêt supérieur de l’enfant, qu’au pragmatisme : les enfants à la maison nuisent à la disponibilité et à la productivité des parents qui travaillent. Deux pôles de la décision qui semblent inextricables. Les écoles rouvrent donc largement leurs portes aux enfants. Elles rouvrent aussi largement leur porte à Omicron. Quoi qu’il en coûte et advienne que pourra.

 

 




 

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