Economie

Economie : le crédit à la consommation des Belges n’a pas encore retrouvé leur niveau d’avant pandémie

Image d’illustration

© getty

09 févr. 2022 à 12:01Temps de lecture3 min
Par Kevin Dero, Michel Gassée et Sophie Brems

Le nombre des nouveaux crédits à la consommation – les crédits qui servent à acheter un bien — est 20% plus bas qu’en 2019, selon l’Union professionnelle du crédit. Les Belges ont moins acheté de voiture à crédit, moins d’électroménager, moins de meubles aussi. En fait, seuls les crédits rénovation ont retrouvé leur niveau d’avant la pandémie.

Pourquoi les Belges ont moins utilisé le crédit à la consommation en 2021 ? On ne sait pas vraiment, mais on a quand même des indices. Pour les voitures neuves, par exemple — c’est un gros morceau dans le crédit à la consommation — c’est sans doute en partie lié aux problèmes de production de l’industrie automobile. Beaucoup moins de voitures neuves ont en effet été vendues.

Retrouvez ce sujet en vidéo :

Le marché matinal

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Cuisines équipées

Pour le reste, Michael Rosin, le responsable du développement de l’enseigne VandenBorre Kitchen, nous éclaire : "Les solutions de financement, elles, n’ont pas vraiment suivi la courbe de croissance de notre chiffre d’affaires. On l’explique par deux facteurs. Premièrement, les gens qui ont dépensé plus pour la cuisine disposaient de l’argent, on l’entend partout, il y a beaucoup d’argent sur les comptes d’épargne. Donc, je pense que ces deux dernières années, il y a beaucoup de gens qui ont voulu se faire plaisir, mais qui ont peut-être consacré leur budget vacances ou leur budget voiture dans la cuisine, sans forcément avoir recours à des solutions de financement".

Le deuxième facteur concerne le segment spécifique des cuisines équipées, c’est la concurrence des prêts hypothécaires qui servent aussi à financer les grosses rénovations, dont la cuisine. Et les prêts hypothécaires ont, eux, retrouvé leur niveau d’avant la crise.

Pendant cette crise du Covid-19, beaucoup de personnes se sont en effet concentrées sur leur "chez-soi" et à améliorer leur habitat. Le marché du crédit à la consommation est en net recul en 2021. Mais est-ce que pour autant, rien n’a bougé dans ce secteur ? Du tout, car le secteur évolue. Prenez un acteur comme Mozzeno, start-up 100% digitale. Elle fête ses cinq ans en 2022 et elle affiche une forte croissance depuis la fin du second confinement. Xavier Laoureux est un des cofondateurs de la start-up. Il explique : "On a vraiment vu, avec les confinements successifs, l’évolution du comportement digital du consommateur belge. Une utilisation dite semi-utilisation de la carte d’identité électronique pour signer ou accéder à des plateformes est devenue quelque chose de très courant, pas uniquement pour le consommateur averti, mais pour l’ensemble des Belges. Et nous, on a vraiment profité de cet élan".

Ecorénovation

L’entreprise Mozzeno a triplé son volume du crédit à la consommation en 2021. Sa taille est encore modeste (30 millions d’euros sur un marché qui, globalement, pour la Belgique, pèse environ 22 milliards d’euros), mais la start-up n’a que cinq ans et, en plus, elle ne propose pas toutes les formes de crédits à la consommation. "Sur des emprunts de type voiture neuve ou écorénovation, où on va être sur des taux très bas, généralement en dessous de 1%, Mozzeno n’a pas la possibilité d’avoir une offre compétitive. Pourquoi ? Tout simplement parce que si vous offrez un prêt à du 1%, la part qui va rester une fois que vous aurez enlevé les frais de traitement et d’une éventuelle assurance crédit, il ne restera quasi rien pour le rendement de l’investisseur. Il ne va donc pas vouloir investir son argent dans ce type de projet" explique Xavier Laoureux.

Un domaine du prêt qui évolue

Ce n’est pas un hasard si Xavier Laoureux parle du rendement pour l’investisseur. C’est l’originalité du modèle de Mozzeno, c’est le prêt collaboratif. Elle sert en réalité d’intermédiaire entre des consommateurs qui cherchent un crédit à la consommation au tarif le plus bas possible, évidemment, et des investisseurs qui, eux, cherchent du rendement. A l’époque actuelle, on peut donc emprunter autrement et différemment.

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous