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Eglise Saint-Michel de Pâturages : un appel au secours pour sauver le patrimoine

L'église Saint-Michel de Pâturages : une lueur d'espoir

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Trous dans la voûte, débris qui tombent, clocher qui se fragilise, fissures dans les murs,... L'église Saint-Michel de Pâturages, construite entre 1753 et 1768, est en mauvais état. Un appel à l'aide est lancé par la fabrique d'église et le curé Christophe Cossement pour sauver ce patrimoine.

"Pauvre église St-Michel de Pâturages ! Notre église a encore bien souffert et fait souffrir ses riverains. Je me mets à rêver à une vraie restauration de ce monument important du patrimoine artistique de notre région. Qu’en pensez-vous ?", interpelait sur Facebook le curé Christophe Cossement après le passage de la tempête Eunice, il y a plusieurs semaines. Les réactions sous la publication ne se sont pas fait attendre. Beaucoup ont soutenu et souligné l'importance de cet édifice qui, pour eux, est plus qu'un bâtiment religieux, il fait partie du patrimoine. 

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Pour le président de la fabrique d'église, Rudy Heraut, voir son état se désagréger lui rappelle des souvenirs. Quand il était enfant de chœur dans cette même paroisse, le trésorier remettait une petite enveloppe en fin d'année pour remercier les jeunes des services rendus. Une fois, il leur dit : "Plus tard, on vous laissera un héritage. J'espère que vous en prendrez soin". Plusieurs années après, ces mots ont un sens pour Rudy Heraut. "J'ai enfin compris de quoi il parlait. Il s'agissait de cette église", confie-t-il, ému.

Mais les dégradations datent de bien avant les tempêtes qui ont secoué la Belgique pendant plusieurs jours en février. En réalité, depuis de nombreuses années, l'infrastructure s'est fragilisée avec le temps. "Quand je suis arrivé, les alentours étaient déjà en mauvais état. Avec le filet au niveau du clocher, les gens pensaient qu'elle était désaffectée", complète le curé.

Ce filet était censé rester temporairement. Mais après plusieurs décennies, celui-ci est toujours là. Les pigeons ont élu domicile dans son clocher, le dégradant encore plus avec leurs fientes.
Ce filet était censé rester temporairement. Mais après plusieurs décennies, celui-ci est toujours là. Les pigeons ont élu domicile dans son clocher, le dégradant encore plus avec leurs fientes. © Watrin Nicolas

L'une des façades latérales présente une fissure conséquente due à un affaissement de terrain provoqué par les écoulements d'eau, ce qui fragilise le bâtiment. "Pourtant, ici, ce n'est pas la fabrique d'église qui doit réagir mais la commune, puisqu'il s'agit d'un problème de voirie", indique Rudy Heraut.

À l'intérieur, c'est principalement la voûte au-dessus de l'orgue qui présente d'importants dégâts. Des morceaux de plâtre se sont détachés de celle-ci pendant un office mais personne n'a été blessé.
À l'intérieur, c'est principalement la voûte au-dessus de l'orgue qui présente d'importants dégâts. Des morceaux de plâtre se sont détachés de celle-ci pendant un office mais personne n'a été blessé. © Watrin Nicolas

Pour l'instant, les dégradations occasionnées n'impactent pas les célébrations religieuses qui continuent à avoir lieu.

Des dégradations, mais aussi de bonnes surprises...

Le hasard fait parfois bien les choses. Quand l'expert des assurances est venu sur place constater les dégâts, un détail a attiré l'attention des personnes présentes. Deux dates essentielles de l'histoire de cette église ont été découvertes sur un des flancs de l'édifice.

La date de fin de construction de l'église est la plus apparente. La deuxième est cachée derrière une cheminée et est en partie effacée par les dégâts des eaux.
La date de fin de construction de l'église est la plus apparente. La deuxième est cachée derrière une cheminée et est en partie effacée par les dégâts des eaux. © Watrin Nicolas

Un crowdfunding se prépare...

Lorsque la fabrique d'église ne parvient plus à financer les travaux, c'est la commune qui doit prendre le relais. Si son intervention est fortement espérée pour le moment, la fabrique d'église et le curé ne restent pas les bras croisés. Motivés par le soutien de la population, ils ont entamé les démarches pour obtenir des subsides. Dans un même temps, ils préparent le terrain pour lancer un crowdfunding (ou financement participatif) qui leur permettra de couvrir une partie des frais de restauration.

Les réparations devraient au moins dépasser les 100 000 euros. "Fin 2020, on a fait appel à un architecte, pour qu'il puisse chiffrer les travaux et les évaluer par ordre d'importance. Celui-ci a été payé, mais est aujourd'hui aux abonnés absents. Il est impossible de le joindre depuis 6 mois. C'est ainsi qu'on n'a pas d'idée sur les dépenses exactes. Je ne me fais pas d'illusion : les frais ne pourront pas être couverts entièrement par le crowdfunding, mais cela incitera peut-être les pouvoirs publics à intervenir plus rapidement", conclut Christophe Cossement.

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