Patrimoine

Egypte : il y a 200 ans, Champollion déchiffrait les hiéroglyphes

Hiéroglyphes de la tombe de Ramsès III

© © Superwallah – Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le 14 septembre 1822. Jean-François Champollion, jeune érudit français, planche depuis des semaines sur un large papier. Dessus, des centaines de petits symboles que personne, à ce moment-là, n’est vraiment à même de comprendre. Soudain, c’est la révélation. Après des heures de travail, Champollion en est persuadé, il vient de déchiffrer les tout premiers hiéroglyphes égyptiens.

La pierre de Rosette présente trois versions d'un même texte

Ce document sur lequel il a sué autant de temps, c’est un estampage grandeur nature de la pierre de Rosette, une grosse stèle de granit partiellement cassée qui a été retrouvée quelques années plus tôt, lors de la campagne napoléonienne en Egypte. Cette pierre a quelque chose en plus que les autres artefacts présentant des hiéroglyphes n’ont pas : elle présente une même version d’un texte en 3 langages différents.

Le premier n’est que parcellaire, puisque la pierre est cassée en son sommet. C’est justement le texte hiéroglyphique, et bien que de nombreux scientifiques se soient attelés à sa traduction, personne n’a alors encore réellement compris sa signification. Le second texte est du démotique, une version tardive et simplifiée du hiéroglyphique, surtout utilisée par le peuple. A l’époque de Champollion, personne ne le comprend encore réellement, mais on sait que le copte, qui lui est connu des linguistes, en est une évolution. Le troisième texte est en grec. Et le grec, on le comprend depuis bien longtemps.

Grâce au texte grec, on sait ce qu’on cherche, on connaît la traduction du texte hiéroglyphique. Encore faut-il comprendre quel mot, quel symbole, correspond à quoi. Et c’est précisément cela que va faire Champollion.

Ptolémée, Cléopatre et Ramsès

Champollion ne va évidemment pas trouver d’un coup la signification de chacun des hiéroglyphes… Il en existe plusieurs milliers ! Ça, ce sera le travail des générations futures. Mais il va comprendre comment fonctionne le système d’écriture. Il va comprendre que certains hiéroglyphes sont des idéogrammes, soit des symboles de ce qu’ils représentent (un canard signifie le mot canard, etc.), et que d’autres sont en fait des signes phonétiques, des sons, des syllabes qui forment des mots, au même titre que les lettres de notre alphabet.

Tout cela, il le déduit grâce aux noms de pharaons et de reines d’origine grecque, dont on connaît donc le nom et la prononciation. Il devine que, si ces noms ne sont pas en égyptien, alors ils ont dû être écrits phonétiquement en hiéroglyphe. Ptolémée, Cléopâtre, Bérénice en sont autant avec lesquelles il va commence à assembler les premières pièces du puzzle.

Certain de la prononciation de quelques hiéroglyphes, le jeune homme cherche alors à comprendre des noms qui ont une origine égyptienne. Et grâce à ses connaissances du copte, il va parvenir à identifier le nom d’un pharaon bien connu, dont le nom est présent en abondance sur les monuments : celui de Ramsès.

Les frères Champollion

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Extrait du documentaire "Dans le secret des hiéroglyphes, les frères Champollion".

"Je tiens l’affaire ! "

Portrait de Jean-François Champollion en 1824

Le 14 septembre 1822, l’Histoire retient que Jean-François se serait précipité dans le bureau de son frère Jacques-Joseph, clamant "Je tiens l’affaire !". Son neveu écrira plus tard, que sous le coup de l’émotion, Jean-François se serait évanoui sur place. Mais une autre date est aussi souvent retenue comme celle de "l’anniversaire" de la découverte : le 27 septembre. C’est ce jour-là que la découverte est rendue publique, devant un parterre d’érudits curieux d’entendre ce que ce jeune homme prétend savoir.

Certes, le jeune savant a fait des erreurs, mais il a réussi là où personne n’était parvenu. Son travail est reconnu, publié, augmenté au fil des ans. Et si Champollion est décédé jeune, son héritage aura été conséquent : on le considère aujourd’hui comme le père de l’égyptologie moderne.

Pour célébrer cet anniversaire, ne manquez pas notre chronique culturelle dédiée à la thématique, publiée régulièrement entre le 14 et le 27 septembre.

Envie d’en apprendre plus sur l’Egypte et ses mystères ? Ne manquez pas le podcast de La Première "Sous le sable des pyramides" !

Sous le sable des pyramides

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