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L'atelier des muses

Elfrida Andrée, véritable pionnière, première femme organiste, cheffe d’orchestre et télégraphiste de Suède

24 janv. 2022 à 14:34Temps de lecture2 min
Par Hélène Michel

C’est au large de la Suède qu’a vu le jour cette étonnante compositrice sur l’île nordique de Gotland, précisément, située sur la mer Baltique. Elle a poussé son premier cri le 19 février 1841, et va grandir dans une famille qui apprécie beaucoup la musique. Son père, médecin, aux idées plutôt progressives, défenseur des droits des femmes, va l’encourager à suivre de sérieuses études musicales. Elle va notamment prendre des cours intensifs de musique d’orgue auprès de l’organiste de son village.

La jeune fille fait de tels progrès qu’à l’âge de 14 ans, elle va intensifier son apprentissage en partant pour étudier la composition à l’Académie royale de musique de Suède à Stockholm, suivie par toute sa famille. Et elle aura deux professeurs de composition prestigieux : Ludvig Norman, dans un premier temps, figure de proue de la vie musicale suédoise et le célèbre Niels Gade ensuite. Elle fréquente également le génial Franz Berwald, même si ce dernier ne deviendra véritablement célèbre qu’après sa mort. Son père la pousse à se présenter à un examen d’orgue, un instrument réservé jusque-là exclusivement aux hommes. Il faut dire que la loi suédoise interdisait aux femmes de devenir organiste professionnelle. Mais à ses 16 ans la jeune fille ne se laisse pas faire. Aidée par son père, elle va s’engager dans une bataille juridique qui va durer 4 ans, bataille qu’elle va remporter.

En 1861, une loi est votée : les femmes peuvent maintenant exercer le métier d’organiste, et dans la foulée on l’engage à la Congrégation finlandaise de Stockholm. Elfrida André devient, à l’âge de 20 ans, l’une des premières femmes à occuper un tel poste en Scandinavie.

Elle gagne en assurance et choisi de défendre aussi le droit pour les femmes de travailler en tant que télégraphiste, et surtout d’être rémunérées pour ce travail, métier qu’elle va elle-même exercer pour gagner sa vie, ce qui fait d’elle aussi la première femme télégraphiste en Suède. Manifestement, elle apprécie cette étiquette de pionnière, puisqu’elle devient également la première suédoise cheffe d’orchestre professionnelle, elle prend alors la tête des Concerts populaires de l’Institut des travailleurs de Göteborg durant une bonne trentaine d’années.

Elfrida Andrée va accéder, assez tôt et de manière sérieuse, au rang de compositrice, elle nous laissera en tout une bonne centaine d’œuvres dont un opéra, quatre grandes symphonies, beaucoup de musique de chambre, des œuvres pour orgue, de la musique vocale aussi, avec deux Messes suédoises et des lieder.

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