Elio Di Rupo (PS) : "Nous ne voulons pas être la roue de secours d'un gouvernement des droites"

22 juin 2020 à 07:14 - mise à jour 22 juin 2020 à 07:14Temps de lecture2 min
Par A. Lechien

Alors que le week-end dernier des fêtes se sont déroulées dans plusieurs communes bruxelloise en infraction aux règles sanitaires, le président de la Région wallonne Elio Di Rupo rappelle les règles "extrêmement simples qui devront encore s'appliquer durant de longues semaines : il faut garder une distance d'1,5 mètre les uns par rapport aux autres. Et quand ce n'est pas possible, il faut au moins mettre un masque et éviter à tout prix de se toucher. Comme le virus est encore là, les virologues craignent que quand l'automne arrivera il y ait une reprise de l'épidémie qui ira à la vitesse de la lumière. Ce sera une évolution de l'épidémie en exponentielle, disent les mathématiciens. Et on se retrouverait à devoir fermer les cafés, les restaurants, les hôtels, et à interdire toute manifestation et peut-être à obliger à un confinement chez soi durant de longues semaines. Mon message est : de grâce, restez chez vous, le virus est toujours présent et il peut vous atteindre à tout moment", dit-il interrogé sur La Première.

Un prochain Conseil national de sécurité va se réunir cette semaine : "L'objectif est de voir, quand on organise une manifestation (concert, spectacle de théâtre ou autre), combien de personnes on peut accepter de manière sécurisante", poursuit-il.

Torse au vent

Les présidents des deux formations socialises Conner Rousseau et Paul magnette ont remis un rapport à la Première ministre Sophie Wilmès dans lequel ils avancent un scénario pour aborder l'après 27 juin. Ce scénario a été reçu froidement par les présidents du MR, de l'Open Vld et du CD&V : "Quand j'ai vu les trois présidents, torse au vent, l'air triomphant, je dois reconnaître que j'ai été un peu éplapourdi (ébahi, ndlr) et je me suis dit : où vont-ils?"

Les trois présidents tiennent à tout prix à un gouvernement qui détient une majorité au parlement. "On est en démocratie, ils font un exercice. S'ils réussissent, tant mieux".

"Pour les socialistes, augmenter le budget des soins de santé est une priorité absolue. Nous voulons que les pensionnés aient au moins 1500 euros nets par mois en cas de carrière complète. On veut que le salaire minimum augmente". Ces exigences ne sont pas rencontrées par la N-VA. Donc, Elio Di Rupo détaille à nouveau le scénario du duo Rousseau-Magnette : commencer avec un gouvernement qui regroupe la famille socialiste, la famille libérale et une famille plus centriste (CD&V et cdH). "Avec cela il ne manque que quelques sièges. Nous allons au Parlement et on pourrait certainement trouver des solutions. Onze gouvernements européens travaillent de la sorte. C'est une démarche sage et faisable", insiste Elio Di Rupo.

Roue de secours

Une des hypothèses serait de repartir de la coalition suédoise (comme à l'époque du gouvernement Michel) et d'y ajouter la famille socialiste. "Si cela avait été aussi simple, il ne fallait pas attendre un an. C'est une formule qui ne peut pas fonctionner, nous n'avons pas eu de réponse de la N-VA. Nous ne voulons pas être la roue de secours d'un gouvernement des droites. MR et Open Vld sont une droite solide, la N-VA est une droite réelle, et vous voulez qu'on vienne dans cet attelage? Non".