L'agenda Ciné

Elvis... Un film King size !

19 juin 2022 à 22:21Temps de lecture2 min
Par L'Agenda Ciné

De son enfance dans le Mississippi à sa mort d’une crise cardiaque à l’âge de 42 ans, le 16 août 1977 à Memphis, en passant par ses concerts à Las Vegas et sa rencontre avec Priscilla, Elvis retrace la formidable ascension et la chute de cette superstar du rock adulée de son vivant. Une ascension et une chute indissociables du colonel Tom Parker, son manager, un homme trouble qui d’entrée de jeu, déclare en voix off : " Je suis celui qui vous a donné Elvis…  Pour beaucoup Tom Parker est responsable de la mort d’Elvis Presley… Je ne l’ai pas tué, je l’ai créé. ". Et c’est à cet ancien forain converti au spectacle musical, roi de l’enfumage comme il le reconnaît lui-même - celui qui sera tout à la fois le bon et le mauvais génie d’Elvis Presley- qu’il revient d’être le narrateur du film …

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Plus qu’un biopic

Neuf ans après avoir fait l’ouverture du Festival de Cannes avec sa fastueuse adaptation du roman de F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, le réalisateur de Roméo + Juliette et de Moulin Rouge foulait à nouveau le tapis rouge en mai dernier avec ce biopic sur Elvis Presley (comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?!), cette figure essentielle et incontournable du rock devenue une icône de la culture américaine et mondiale.

De ses attaches familiales, du drame de sa naissance, de son enfance dans un quartier noir de Tupelo dans le Mississippi où il sera biberonné au gospel et au blues entendu dans des bouges bondés de noirs fervents, de ses débuts dans la country music et de l’emballement des foules (et des femmes !) pour ce fou de musique au fameux déhanché aussi maudit que célébré ! … Baz Lhurmann nous raconte tout par le prisme de la relation fusionnelle et conflictuelle que le chanteur entretiendra avec son impresario, le très toxique Colonel Tom Parker fasciné par le charisme de son protégé.

Au-delà du biopic, le réalisateur australien, nous raconte l’Amérique de ces années-là, raciste et pudibonde, le show-business galopant et implacable (le colonel Tom Parker et son marchandising !) et le rêve américain fissuré par les assassinats de Martin Luther, John Kennedy et Bob Kennedy… en n’oubliant pas au passage de rendre hommage à des B.B. King, ou des Mahalia Jackson qui inspirèrent tant Elvis Presley.

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XXL

Voilà pour le fond si consistant du film. Quant à la forme attendez-vous à du grandiose, du flamboyant et à de l’inventif, car comme il nous y a habitués le réalisateur australien ne fait rien en petit !

Cirque, manèges, planches de comics dont le petit Elvis s’imaginait être le super héros, reconstitution d’extraits de film dans lequel Presley a joué, images d’archives, restitution d’une époque et des lieux au cordeau, séquences musicales ébouriffantes, split screen (écran divisé en plusieurs parties avec des images différentes dans chacune d’elles)… comme l’annonce le générique en début de film, vous allez en avoir plein les yeux… et les oreilles avec une BO inventive qui n’oublie pas les standards du chanteur.

Et last but not least, saluons la performance d’Austin Butler (vu chez Quentin Tarantino dans Once upon a time… in Hollywood), acteur, chanteur et danseur, incroyable de vérité dans la peau, le déhanché et le sourire enjôleur du King ! Face à lui Tom Hanks dans le rôle du colonel Tom Parker est parfait de filouterie et de cynisme.

Elvis n’est pas mort ! Courez le voir et l’applaudir sur grand écran.

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