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Emeutes en Iran en 2019 : Amnesty dénonce l'utilisation généralisée de la torture pour réprimer des manifestations

Emeutes en Iran en 2019 : Amnesty dénonce l'utilisation généralisée de la torture pour réprimer des manifestations
02 sept. 2020 à 05:19Temps de lecture2 min
Par Belga

La police, les services du renseignement, les forces de sécurité et des agents de l'administration pénitentiaire iraniens ont commis un vaste ensemble de "terribles" violations des droits humains à l'encontre des personnes arrêtées lors des manifestations qui ont eu lieu dans le pays en novembre dernier. C'est ce qu'affirme mercredi Amnesty International, selon qui cette répression s'est notamment traduite par une utilisation généralisée de la torture.

Ces violations ont eu lieu avec la complicité de juges et de procureurs iraniens, dénonce l'organisation de défense des droits humains.

Elle s'appuie sur les témoignages de dizaines de manifestants, de passants et d'autres personnes qui, selon Amnesty, ont été arrêtées de façon violente, soumises à une disparition forcée ou détenues au secret, privées systématiquement d'accès à des avocats au cours des interrogatoires, et torturées de façon répétée afin qu'elles "avouent". Parmi les victimes figurent des enfants, dont certains n'avaient que 10 ans, des journalistes ou encore des personnes arrêtées dans des hôpitaux alors qu'elles avaient besoin de soins pour des blessures par balle.

Ces personnes font partie des 7.000 hommes, femmes et enfants arrêtés par les autorités iraniennes en quelques jours dans le cadre de la violente répression des manifestations de novembre 2019, rappelle l'organisation. Elles ont été torturées avec des coups, des coups de fouet, des décharges électriques, des positions douloureuses, des simulacres d'exécution ou de noyade, des violences sexuelles, l'administration par la force de substances chimiques et la privation de soins médicaux, énumère Amnesty.

Plusieurs centaines de personnes ont par ailleurs été soumises à des procès d'une "flagrante iniquité" pour des accusations "sans fondement" relatives à la sécurité nationale.

Et puis, des condamnations à mort ont été prononcées sur la base d'"aveux" entachés par l'utilisation de la torture, fustige encore l'ONG.

Amnesty International demande dès lors aux États membres du Conseil des droits de l'homme des Nations unies et au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme de prendre les mesures nécessaires "face à l'impunité persistante et systématique" des responsables des violations des droits humains commises en Iran. L'organisation soutient aussi l'ouverture d'une enquête menée par les Nations unies visant à assurer le respect de l'obligation de rendre des comptes et des garanties de non-répétition.

L'ONG exige en outre que les autorités iraniennes libèrent immédiatement et sans condition toutes les personnes qui sont maintenues en détention uniquement parce qu'elles ont exercé leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique dans le cadre des manifestations. Elle revendique l'annulation de toutes les déclarations de culpabilité prononcées à l'issue de procès "iniques", y compris celles qui sont basées sur des déclarations obtenues au moyen de la torture et d'autres mauvais traitements. Enfin, Amnesty veut amener tous les responsables présumés à répondre de leurs agissements.

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