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Emission de méthane par le bétail : "Il ne faut pas diminuer l'élevage chez nous et puis importer la viande", commente la présidente de la FWA

L'invitée de Matin Première: Marianne Streel

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03 nov. 2021 à 09:04 - mise à jour 03 nov. 2021 à 10:45Temps de lecture3 min
Par Miguel Allo sur base de l'invitée de Matin Première

Dans le cadre de la COP26 qui a démarré ce dimanche 31 octobre à Glasgow en Écosse, la Matinale de la Première a mis l’accent ce mercredi sur l’agriculture et plus particulièrement sur les défis de l’agriculture wallonne face au réchauffement climatique.

L’agriculture wallonne, c’est actuellement près de 13.000 exploitations, 700.000 hectares, autrement dit 44% de la surface du territoire wallon. Quelle est la part de responsabilité du monde agricole dans les gaz à effet de serre (GES) ?


►►► À lire aussi : COP26 : un fonds de 19 milliards pour lutter contre la déforestation, quels sont les pays les plus touchés ?


Poursuivre l'effort pour réduire les gaz à effet de serre

Elle a d’abord été juriste avant de devenir agricultrice. Depuis deux ans, Marianne Streel est aussi la présidente de la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA). A la question de savoir ce que peut faire le monde agricole pour lutter contre le réchauffement climatique, elle rappelle tout d’abord que comme toute activité humaine, l’agriculture à aussi sa part de responsabilité dans l’émission de gaz à effet de serre (GES), mais elle est aussi victime, dit-elle. Elle doit donc trouver des solutions et cela se fait dans les exploitations à travers une double stratégie.

Tout d’abord, poursuivre l’effort pour réduire les GES. Depuis plus ou moins 30 ans, le secteur a réduit ses émissions de 19%, précise-t-elle. Autre stratégie, la volonté de séquestrer le carbone dans le sol. Une mesure déjà appliquée dans les prairies, notamment lorsqu’elles sont broutées par le bétail.

D’autres solutions sont encore appliquées, comme, par exemple, l’économie circulaire. La recherche tend également à proposer des mesures. L’innovation apporte aussi des changements dans les pratiques culturelles, des variétés des semences, etc.

Enfin, grâce à l’agriculture de précision le secteur tente de diminuer ses intrants, de produire elle-même l’alimentation du bétail. Donc : "Il y a toute une série de choses qu’il est possible de faire aujourd’hui pour améliorer le score de l’agriculture au niveau des émissions des gaz à effet de serre, mais également de la captation de carbone dans nos sols".

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Réduire les émissions de méthane de 30% d’ici à 2030

Ce mardi, lors de la COP26, plus de 80 pays, dont l’UE et les Etats-Unis, se sont engagés à réduire de 30%, d’ici 2030, leurs émissions de méthane. Le méthane est l’un des principaux gaz à effet de serre produit par l’agriculture et plus particulièrement par l’élevage de bétail. Est-il encore possible de réduire les émissions de ce gaz ?

La présidente du principal syndicat agricole de Wallonie, précise tout d’abord que l’agriculture évolue grâce aux innovations proposées dans les exploitations. La recherche est toujours en cours et des essais sont réalisés.

Une solution ne serait-elle pas de produire moins de viande, comme le proposent des ONG ? Concernant la Wallonie, Marianne Streel explique que depuis 1995 les élevages ont diminué de 20%. Il y a donc de moins en moins de bétail sur le territoire or, elle rappelle l’importance du broutage des prairies par les vaches pour capter le carbone.

Autre point, il concerne l’offre et la demande de la consommation de viande : "Il n’est pas intéressant, non plus, de vouloir sur notre territoire diminuer encore plus fortement notre élevage et importer du reste du monde la viande que le consommateur mangera. Il y a toujours cette offre et cette demande que l’on doit surveiller".

La présidente de la FWA, rappelle aussi l’importance du bétail dans la production des végétaux. Dans le contexte d’une économie circulaire, les vaches sont nourries avec les restes des plantes (ce qu’il reste lorsque l’on a retiré la partie pour la consommation humaine). "Il y a donc tout un circuit qui se fait entre nos animaux et les végétaux et ne parlons pas des engrais organiques qui sont bien nécessaires pour nourrir nos sols. Soit c’est de l’engrais chimique, soit c’est de l’engrais organique, mais alors il nous faut du bétail sur notre territoire".


►►► À lire aussi : COP26 : moins d’insectes sur nos pare-brise, c’est moins de confiture au petit-déjeuner


30% de bio à l’horizon 2030

A l’horizon 2030, le gouvernement wallon souhaite que 30% de la surface de production utile soit cultivée en bio. Un objectif auquel adhère aussi l’Europe. Le bio est-il une solution pour relever le défi climatique ?

Marianne Streel explique que chaque système a des avantages et des inconvénients. Elle ne souhaite donc pas entrer dans la dualisation de l’agriculture wallonne. Mais elle note que les exploitations ont fait une belle avancée en matière d’agriculture bio. Un secteur qui se développe bien sur le territoire wallon. "92% des produits bio Belges sont produits en Wallonie".

Elle rappelle aussi toujours le principe de l’offre et la demande : "Donc oui, le producteur est responsable, mais il doit absolument produire pour un consommateur qui doit être là derrière".

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