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Emmanuel Nahshon, ambassadeur d’Israël : "Nous exerçons notre droit de défense et nous continuerons à le faire"

17 mai 2021 à 07:35 - mise à jour 17 mai 2021 à 10:02Temps de lecture4 min
Par A.M.

"Nous sommes sur le bon chemin". Emmanuel Nahshon, ambassadeur d’Israël en Belgique le martèle : "Nous nous sommes fait attaquer sans aucune provocation par une organisation terroriste dangereuse et nous sommes dans notre plein droit […] ; c’est un droit de défense auquel ont droit tous les pays du monde y compris le mien".

"Le Hamas", a-t-il répété dans Matin Première, au micro de Thomas Gadisseux, est une organisation qui "dit clairement et sans ambiguïté que son but est la destruction de l’État d’Israël, le Hamas est une organisation islamiste jihadiste, qui est aidée activement par les Iraniens : c’est un avant-poste de la révolution iranienne aux frontières d’Israël".

Détruire les infrastructures du Hamas

Détruire l’armement du Hamas dans la bande de Gaza, et aussi toutes ses infrastructures militaires, reste le but, et cela prendra quelques jours encore : "toute l’aide internationale qui arrive à la bande de Gaza passe par le Hamas, qui prend une bonne partie de cet argent pour s’armer militairement. En détruisant ces infrastructures, à long terme j’espère aussi que ce sera au bénéfice des Gazaouis".


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Au 8e jour de cette nouvelle escalade dans le conflit israélo-palestinien, aucune accalmie n’est à attendre, pas de cessez-le-feu en vue. Et les citoyens, les victimes innocentes ?

"A peu près 30% des roquettes du Hamas tombent en territoire palestinien", affirme Emmanuel Nahshon, et sont donc la cause d’une partie de ces morts et blessés. Mais s’il reconnaît que les bombardements israéliens font des victimes palestiniennes, il estime aussi qu’Israël fait attention, "en annulant certains bombardements parce que des vies civiles étaient en danger, en prévenant à l’avance avant de détruire des bâtiments de manière à ce qu’il n’y ait pas de pertes en matière de vies humaines".

"Fake news"

Et l’ambassadeur de souligner nombre d’informations non vérifiées, voire de fake news qui circulent. Reste la difficulté d’informer de ce qui se passe réellement.

Reporters sans frontières a saisi la Cour pénale internationale au sujet du bombardement de l’immeuble qui abritait l’agence Associated Press et la chaîne Al Jazeera, parlant de crime de guerre.

Dans ce bâtiment affirme Emmanuel Nahshon, "il y avait aussi des bureaux du renseignement militaire du Hamas : nous avons prévenu avant le bombardement pour qu’il n’y ait pas de perte en vies humaines. Nous comprenons que cela a un impact négatif mais étant donné notre volonté de porter un coup très sérieux au Hamas nous avons pris la décision de détruire ce bâtiment".

Le soutien américain, nous le recevons en permanence

Face au mutisme du Conseil de Sécurité l’ONU (3 réunions en urgence depuis une semaine, sans résultat tangible) qu’attendre du côté des États-Unis ? Ont-ils la clé ? "Leur soutien, nous le recevons en permanence, dit encore l’ambassadeur. De même que de la part d’une série d’états européens" (et de citer la présence du drapeau israélien sur les bureaux des gouvernements autrichien, slovène ou tchèque).

Mais il voit mal ce que l’Union Européenne pourrait faire en matière de "rôle actif" dans le conflit. "En revanche, nous attendons un soutien vis-à-vis d’Israël, démocratie occidentale, sous attaque, et menacée par une organisation islamiste". Attentif à ce qui se passe au niveau européen, Emmanuel Nahshon le répète : "au bout du compte, ce sera une décision israélienne qui sera prise selon nos intérêts".

Pas de négociation avec le Hamas

Une négociation avec le Hamas n’est en tout cas pas à l’ordre du jour, "il n’est question que de victoire militaire et nous sommes sur le bon chemin".

Mais alors qui pour négocier un apaisement, entre une autorité palestinienne impuissante dans la bande de Gaza, et un gouvernement Netanyahu en affaires courantes ?

Emmanuel Nahshon balaie tout problème de leadership côté israélien : "même en affaires courantes, ce gouvernement a toutes les compétences pour agir et prendre les décisions. Situation politique compliquée certes, mais quoi qu’il en soit, ll y a un gouvernement qui peut prendre les décisions".

Affaire Maouane : "ce n’est plus à l’ordre du jour"

Le tweet de la coprésidente d’Ecolo, montrant un lanceur de pierres palestinien et accompagné d’un extrait d’une chanson d’une chanteuse libanaise pro-Hezbollah est qualifié d'"erreur" de la part de l’ambassadeur d’Israël, mais de "mon point de vue, c’est derrière nous. J’ai lu ses excuses et ses explications, ce n’est plus à l’ordre du jour".

Quant aux déclarations de Paul Magnette, réclamant des sanctions contre Israël, Emmanuel Nashshon dit déplorer l'"instrumentalisation de ce qui se passe en Israël […] peut-être pour obtenir certains gains politiques ici en Belgique, mais quoi qu’il en soit sans connaître véritablement les faits et sans approfondir sur la question et cela, je le trouve dommage. Mais la petite communauté juive vivant en Belgique n’est certainement pas un enjeu électoral".

Débat avec le gouvernement belge

Il y a en tout cas un débat avec le gouvernement belge, "les positions sont différentes et notamment concernant le statut des territoires, que nous estimons n’avoir pas encore été déterminé ; nous avons une discussion de fond, menée de manière amicale avec l’Europe et la Belgique".

Revenant sur les manifestations du week-end, Emmanuel Nahshon veut avertir du "double jeu de la part des islamistes belges : il y a deux types de slogans, ceux qu’on dit en français ou en anglais pour les oreilles occidentales, et il y a ce qui se dit en arabe, moi j’en ai fait le constat, mais, à ma connaissance, il y aura une plainte qui sera déposée ici en Belgique".

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