En 2021, l’Operation Thermos garde toute sa raison d’être

Une quinzaine de bénévoles encadrent et distribuent chaque jour des paniers repas dans la station Botanique

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Avec l’hiver qui approche, les distributions de repas chauds ont repris dans le métro bruxellois ! A la station Botanique, une quinzaine de bénévoles de l’opération Thermos sont à pied d’œuvre depuis ce début novembre. Et cette année, l’association s’attend à être particulièrement sollicitée !

A 19h30, ils sont une quinzaine de volontaires dans ce couloir venteux de la station. Pendant que certains finalisent les derniers paniers repas, d’autres, comme Myriam, organisent les arrivées. "Nous n’avons qu’un sens de circulation dans le couloir. Les personnes arrivent par le bas, prennent un masque et se mettent un peu de gel sur les mains avant de prendre place dans la file. Parfois, ils ne comprennent pas pourquoi. Mais si nous ne faisions pas cela, on pourrait nous refuser l’accès à la station. Alors je leur explique."

Une opération lancée par des scouts en 1987

Depuis près de trente-cinq ans, l’opération Thermos remplit les ventres et offre de la soupe ou du café. Dans les couloirs de la gare centrale en 1987 et plus récemment dans la station Botanique. Depuis toujours, elle fonctionne sans subside, grâce aux dons et aux bonnes volontés comme celle de Vincent, la petite vingtaine, qui a réussi à convaincre aussi quelques amis. "Trois heures par semaine, ce n’est quand même pas énorme !"

A 20 heures tapante, la file se met en mouvement. Une trentaine de personnes sont déjà là. Un homme qui tire un lourd sac nous avoue être un habitué. "L’an dernier je venais déjà. C’est bien que ces jeunes viennent donner un repas à des gens comme moi qui dorment dans le métro". Un autre, anorak bleu marine impeccable et sac de sport en bandoulière nous explique avoir longtemps travaillé dans le bâtiment à Bruxelles. Mais depuis quelques mois, "cela devient vraiment dur". Il parvient juste à payer son loyer. "Alors, manger ici, c’est bien !"

Avec le covid, tout est plus compliqué et aussi plus cher

Une fois le sachet en papier en main, pas question de s’attarder. "Ils ne peuvent plus manger à l’intérieur donc nous devons tout de suite les guider vers la sortie", nous explique Céline Vivier, la présidente de l’Opération thermos.

En 2021, avec les règles sanitaires, réussir à distribuer entre cent et cent cinquante repas chauds, à emporter, tous les soirs, ressemble à un vrai défi. Un défi logistique et économique. "Les soirées et les événements destinés à recueillir les fonds sont impossibles à organiser. Et puis, il faut tout mettre en ravier, en sachet, les aliments ne doivent pas se toucher". Rien que la vaisselle jetable et les couverts en bois devraient occasionner cette année, vingt-cinq pourcents de frais supplémentaires.

Reportages sur la pauvreté et le froid, dans notre journal télévisé du jeudi 4 novembre :

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