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Bientôt à table

En 2022, le développement durable dans nos assiettes, on y croit encore ?

Du développement durable dans la planète food : Carlo Di Pascale

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28 mars 2022 à 07:42 - mise à jour 28 mars 2022 à 08:10Temps de lecture4 min
Par Sophie Moens

Crise énergétique, inflation, guerre aux portes de l’Europe, l’actualité nous invite-t-elle encore à nous soucier du développement durable dans notre alimentation ? Alors que les rapports environnementaux ne cessent de virer au rouge, intéressons-nous à son poids dans nos assiettes. En 2022, parle-t-on encore d’un marché de niche ou d’une tendance de fond ? Alors que le pouvoir d’achat des consommateurs sombre dans les abysses, est-il conciliable avec notre nourriture du quotidien ? Humeur de Carlo De Pascale au micro de "Bientôt à Table !"

"Sophie, cher.e.s auditeurtrices, la tâche est particulièrement ingrate ce matin.

D’abord, le contexte, on a bouffé du Covid, on en mange encore, ça fait plus de deux ans, puis on a commencé à manger de l’inflation, maintenant, c’est la guerre à nos portes, des millions de gens, sont en souffrance, cela dit, c’était pas vraiment nouveau que des millions de gens étaient en souffrance pour cause de situations de guerre, le coût de l’énergie agit comme un laminoir sur nous tous, et nous, tous les samedis, on essaye de causer de bien manger, qui plus est en donnant souvent la parole à celles et ceux qui essayent de proposer un manger autrement, un manger " mieux " entre guillemets dont au bout de 15 ans d’émissions, il est toujours aussi difficile de le définir.

Moi qui vous cause, je suis sans cesse tiraillé entre la passion pour la cuisine, la passion pour la cuisine des chefs et cheffes, l’envie de produits parfois rares et chers mais aussi la passion pour la défense du consommateur notamment au niveau des achats à prix décents, et merci encore à celles et ceux qui nous soutiennent en écoutant ou en regardant nos pitreries à qui nous essayons d’apporter dans les différents médias de la RTBF une info on l’espère utile, gourmande et qui sait, qui puisse aider à améliorer cette partie importante de notre consommation globale, notre assiette.

Ce long bla-bla introductif, tout d’abord pour cacher un peu ma difficulté, malgré tout ce travail depuis des années à dire où on en est en matière d’alimentation durable.

Et pour tout dire, pour répondre à cette légitime affirmation que tout le monde pourra nous objecter, à savoir " fieu, déjà qu’on sait plus payer le gaz, le diesel, le mazout et tu voudrais qu’on achète des carottes bios élevées à la petite cuiller de compost et de la vache irlandaise de douze ans d’âge ".

Eco bag on kitchen counter with food in jars and fresh fruits. Zero waste concept
Eco bag on kitchen counter with food in jars and fresh fruits. Zero waste concept © Tous droits réservés

De fait.

Allez, c’est le moment de revenir aux fondamentaux, et en écoutant sur Déclic hier, l’excellente émission de Julie Morelle et d’Arnaud Ruyssen, on pouvait entendre que cette guerre, justement, repose la question de notre souveraineté alimentaire, notamment via une intervention du Prof Philippe Baret que je vous invite à réécouter sur Auvio.

Et, la panique générale de la guerre qui nous ferait craindre une pénurie de céréales et d’engrais, au lieu de remettre au centre du problème de l’alimentation dite durable, elle risque de nous en éloigner, en laissant de côté, comme le disait le professeur Philippe Baret, les efforts que l’on fait en Europe pour la biodiversité, notamment via le projet Farm to Fork, toujours défendu par le commissaire à l’agriculture, mais qui commence à prendre l’eau du côté de la présidence de la Commission, et surtout en France, où l’on sait que l’administration Macron a plus tendance à pencher du côté productiviste que du côté biodiversitaire dès que ça sent le roussi.

Alors, sans me perdre dans des définitions pointues de l’alimentation durable, permettez-moi juste de faire une petite analogie entre ce que peuvent faire à la fois les états, les organisations internationales et les consommateurs pour peut-être contrer les systèmes aux intérêts purement privés qui, il faut bien le dire, font parfois un lobby assez puissant pour que les choses ne changent pas trop et en agitant le spectre de la pénurie ou du renchérissement de notre alimentation.

Durable, cela ne ressort certainement pas du domaine du luxe ni de la certification bio à tous crins, ou en tout cas, le bio n’est pas forcément nécessaire, ni il n’est forcément durable, rappelons qu’il s’agit d’une certification. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, durable, nécessite une agriculture propre, au sens large.

Durable, c’est moins de bidoche, car moins de bidoche c’est moins de céréales pour le bétail, c’est moins d’intrants, c’est moins d’impact ; Et comme le disait encore Baret hier, quand on consomme de la viande, avoir conscience de son prix normal et surtout de son coût global, et vu que la GD nous assure la main sur le cœur qu’elle a conscience de la nécessité de durabiliser son offre, moins de bidoche discount.

Durable, c’est plus de protéines végétales

Durable, c’est beaucoup moins de gaspillage.

Tout ça, en tant que consommateurs qui votent avec leurs achats, nous pouvons y veiller au moment de mettre la main au portefeuille.

En choisissant en âme et conscience à quel producteur, à quel distributeur, à quel artisan ou à quel industriel nous allons donner l’argent qui se réduit dans nos portefeuilles.

Et nous pouvons le faire aussi en l’appliquant à nous-mêmes au quotidien.

Durable, ce n’est pas forcément du luxe, c’est moins de plus et plus de moins.

Plus facile à dire qu’à faire, on est d’accord, mais nécessaire."

Et vous qu’en pensez-vous ? Faites-nous partager vos impressions 

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