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En Afghanistan, le chef des talibans ordonne de protéger les droits des femmes

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid (en bas à droite), et le porte-parole des services de renseignement, Khalil Hamraz (à gauche), arrivent pour donner une conférence de presse au centre gouvernemental d'information et de presse à Kaboul.

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03 déc. 2021 à 12:11Temps de lecture2 min
Par Belga

Le chef suprême des talibans a demandé vendredi au gouvernement, dans un décret, de "prendre des mesures sérieuses pour faire respecter les droits des femmes" en Afghanistan, notamment contre les mariages forcés, sans mentionner le droit de travailler ou d'étudier.

Personne ne peut contraindre une femme à se marier

"Personne ne peut contraindre une femme à se marier", déclare le mollah Hibatullah Akhundzada, en ordonnant aux tribunaux, gouverneurs et plusieurs ministères de lutter contre les unions forcées, très courantes en Afghanistan.

L'aide financière est conditionnée

Le décret tombe alors que les talibans tentent de convaincre la communauté internationale de rétablir l'aide financière au pays pour faire face à la grave crise humanitaire qui le frappe, trois mois et demi après leur prise du pouvoir.

Le respect des droits des Afghanes, en particulier l'accès à l'éducation et au travail, est l'une des conditions clés avancées par les donateurs étrangers pour la reprise de l'aide.


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Les islamistes n'ont jusqu'ici autorisé qu'une partie des femmes fonctionnaires, celles exerçant dans l'éducation et la santé, à reprendre le travail. Ils ont également interrompu les cours pour les adolescentes dans la majorité des collèges et lycées du pays, une mesure selon eux temporaire. 

Dans son décret, Hibatullah Akhundzada se concentre sur les mariages et les veuves, qui ne doivent pas être remariées de force, et ont droit à une part de l'héritage de leurs maris.

Des mariages arrangés

Les talibans ont été accusés par leurs ennemis de marier de force des femmes, dont des veuves, à leurs combattants, des faits qui n'ont pu être vérifiés. 

Depuis des mois, les mariages arrangés de mineures contre de l'argent, vu comme des ventes par certains, augmentent à cause de la pauvreté.

De nombreuses familles désespérées, notamment dans le Nord et l'Ouest, dévastés par la sécheresse, sont contraintes de marier leurs filles très jeunes afin de rembourser des dettes ou se nourrir.


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Le chef suprême des talibans dénonce également la coutume qui consiste à donner une jeune femme en mariage pour régler un conflit entre familles, et appelle le ministère de la Culture et de l'Information à publier des articles sur les droits des femmes "pour empêcher la régression en cours".

Le mollah Akhundzada demande aussi au ministère des Affaires religieuses d'encourager les "érudits" à prêcher contre l'oppression des femmes.

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