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En Égypte, le suicide de Basant Khaled suscite la colère sur les réseaux sociaux

En Égypte, le suicide de Basant Khaled suscite la colère sur les réseaux sociaux
09 janv. 2022 à 10:292 min
Par Camille Wernaers pour Les Grenades

Le 23 décembre dernier, Basant Khaled, une lycéenne de 17 ans, s'est suicidée en avalant un comprimé de poison. Elle était victime de cyberharcèlement sexuel et sexiste de la part de deux hommes qui exigeaient d'avoir une relation avec elle.

Parce qu'elle refusait, ils ont créé un montage photo deepfake, plaçant son visage sur celui d'une autre femme dénudée et l'ont fait largement circuler sur internet. Selon la BBC, les images ont notamment été vues par ses camarades de classe. 

Une lettre manuscrite laissée par Basant Khaled à sa mère avant de se suicider a été partagée par les médias égyptiens. "Maman, j'espère que tu me crois, je ne suis pas cette fille, ce sont des images photoshopées, je ne mérite pas ce qui se passe. Je n'en peux plus. Je suffoque, je suis fatiguée", y confie-t-elle.


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Plusieurs arrestations

Depuis le 4 janvier, le hashtag حق_بسنت_خالد_لازم_يرجع# (en français, "Le droit de Basant Khaled doit être rétabli") est devenu viral en Égypte. Face à cette mobilisation des internautes et aux articles dans la presse, deux hommes ont finalement été arrêtés le 6 janvier. La police aurait également arrêté l'un des enseignants de la lycéenne, accusé d'avoir harcelé la jeune fille devant ses camarades en la présentant comme "la tendance numéro un" sur internet.

"Les cyberviolences sexistes tuent. Le suicide de Basant Khaled est un féminicide", écrit le collectif Stop Fisha sur son compte Instagram. Cette association féministe française lutte contre le cybersexisme et les cyberviolences sexistes et sexuelles, elle s'est créée durant le confinement alors que le harcèlement sexiste augmentait en ligne.

En France d'ailleurs, pays précurseur sur ce sujet, un suicide forcée est reconnu comme une circonstance aggravante d'un harcèlement moral et passible de dix ans d’emprisonnement et de 150.000 euros d’amende.

Le suicide de Basant Khaled est un féminicide

En Belgique

En Belgique, la collective féministe et antiraciste Chayn, qui utilise les technologies pour lutter contre les (cyber)violences faites aux femmes, a récemment publié différentes boites à outils. Elles permettent de poser les premiers gestes face aux violences et harcèlement sexiste, notamment contre le revenge porn, c'est-à-dire la diffusion dans un but de vengeance de contenus sexuellement explicites sans le consentement de la personne qui y apparaît.


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Depuis 2020, la loi belge sanctionne la "diffusion non consensuelle d'images à caractère sexuel", avec une circonstance aggravante quand il y a diffusion de telles images pour une intention méchante ou un intérêt économique. L'auteur risque une peine d'emprisonnement de six mois à cinq ans et une peine d'amende de 200 à 15.000 euros.

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