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Monde

En Inde, un couple donne gratuitement des cours dans la rue à des enfants pauvres, en période de coronavirus

Les enfants suivent les cours en plein air.
22 sept. 2020 à 13:51Temps de lecture2 min
Par Lecomte Constance avec Associated Press

A New Delhi, on peut observer une dizaine d’enfants masqués en plein apprentissage des divisions au bord d’une route. La classe est non conventionnelle. Le trottoir sert de chaise et une grille de porte tableau. Les voitures passent mais n’empêchent pas Veena et Virendra Gupta de donner cours.

Cette ancienne chanteuse et cet ancien diplomate dispensent dans la rue des leçons gratuites de mathématiques, de sciences, d’éducation physique et d’anglais. Agées entre quatre et 14 ans, ces enfants sont issus de communautés pauvres. Avec le Coronavirus et le confinement, ils se sont retrouvés dépourvus d’occupations. C’est donc avec intérêt qu’ils suivent ces cours dispensés en plein air.

Eviter qu’ils ne deviennent des “vagabonds”

Tout est parti d’une réflexion de la femme de chambre de Veena Gupta. Avec le confinement, elle s’inquiétait de voir les enfants pauvres devenir des "vagabonds". Avec le coronavirus, l’éducation et les activités de ces jeunes enfants ont dû être mises entre parenthèses. C’est justement pour éviter que cette parenthèse ne perdure que Veena Gupta et son époux ont décidé de transmettre leur savoir dans la rue. "Ils n’ont pas accès à internet. Leurs écoles ont fermé et ils n’ont aucun moyen d’apprendre", explique Veena Gupta. C’est pour cette raison que le couple dispense des cours matin et soir à trois groupes d’enfants.

Virenda Gupta enseigne les mathématiques à ses jeunes élèves.
Virenda Gupta enseigne les mathématiques à ses jeunes élèves. AP

Covid-19 et fracture numérique

Dans les écoles privées, la transition numérique a eu lieu. Les enfants possèdent la technologie nécessaire et suivent les cours en ligne. Ce qui n’est pas le cas pour les écoles publiques. Il y a donc une fracture numérique entre les enfants pauvres et riches, en plus de la fracture financière. Même si les établissements publics avaient les moyens de dispenser un apprentissage numérique, leurs élèves, eux, n’auraient pas les fonds nécessaires pour s’acheter un ordinateur ou un smartphone. "Je n’ai pas de téléphone portable. Le seul mobile que nous avons est toujours avec mon père. Nous ne pouvons pas étudier en ligne", témoigne Nitin Mishra, 13 ans. C’est justement pour atténuer cet écart, accentué par le Covid-19 et la fermeture des écoles, que Veena et Virenda Gupta enseignent dans la rue.

Ce jeune garçon apprend les mathématiques.
Ce jeune garçon apprend les mathématiques. AP

Des écoles partiellement ouvertes

La situation ne risque pas de s’améliorer. Seuls les élèves entre 14 et 17 ans ont été autorisés, sur base volontaire, à retourner à l’école. Mais beaucoup de parents restent méfiants et hésitent à renvoyer leurs enfants dans les établissements scolaires. D’autant plus que le pays à dépasser la barre des 5 millions de cas de coronavirus. L’Inde est désormais le second Etat le plus touché par l’épidémie après les Etats-Unis.

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