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En Italie, le Mouvement Cinq étoiles est menacé de division sur la guerre en Ukraine

Le leader et président du parti politique "Movimento 5 Stelle", Giuseppe Conte, lors d'une manifestation politique pour les élections locales.

© Getty Images

21 juin 2022 à 19:19Temps de lecture2 min
Par Belga

Des dizaines de parlementaires italiens ont signé mardi pour former un nouveau groupe au sein du Mouvement Cinq étoiles (M5S), menaçant de division le principal parti du gouvernement de coalition de Mario Draghi en raison de la guerre en Ukraine, ont rapporté des médias.

Mouvement atypique, le M5S s'est voulu à sa création en 2009 une solution alternative aux partis de "l'establishment" en bâtissant sa popularité sur une posture antisystème.

Nouvelles tensions autour de la guerre en Ukraine

Mais le parti s'est fragmenté ces dernières années entre différentes factions, parallèlement à une chute dans les sondages en vue des élections de 2023. Le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio, ancien président du M5S et vice-premier ministre, s'oppose depuis des mois au chef actuel du parti, Giuseppe Conte, lui-même ancien Premier ministre.

Ces tensions ont atteint un pic dimanche lorsque Luigi Di Maio a demandé à son parti d'arrêter de critiquer le gouvernement sur la guerre en Ukraine, notamment l'envoi d'armes pour aider Kiev à combattre les troupes russes.

Je suis accusé par les dirigeants de ma force politique d'être atlantiste et pro-européen

"Je suis accusé par les dirigeants de ma force politique d'être atlantiste et pro-européen", a écrit Luigi Di Maio dans un communiqué. "Permettez-moi de dire que, en tant que ministre des Affaires étrangères, face à cette terrible guerre, je revendique fièrement d'être fortement atlantiste et pro-européen."

De son côté, Giuseppe Conte estime que Rome devrait se concentrer sur la recherche d'une solution politique. "Nous avons contribué en envoyant trois fois des armes, désormais il nous semble que notre contribution serait plus précieuse sur le front diplomatique", a-t-il déclaré début juin.

Le gouvernement de Mario Draghi a défendu l'envoi d'armes et d'argent liquide pour aider l'Ukraine, et l'imposition de sanctions économiques à la Russie. En dépit de ces frictions, les sénateurs ont, dans une résolution approuvée mardi par une majorité de 219 voix contre 20 voix opposées, soutenu cette politique.

La résolution de compromis prévoit une plus grande implication du parlement dans les décisions du gouvernement, y compris sur les livraisons d'armes, qui était souhaitée par Giuseppe Conte.

Avant le vote, Mario Draghi a souligné qu'il maintiendrait sa ligne.

L'Italie continuera à travailler avec l'Union européenne et avec nos partenaires du G7 pour soutenir l'Ukraine, rechercher la paix et surmonter cette crise

L'ancien président de la Banque centrale européenne, qui s'est rendu à Kiev la semaine dernière en compagnie des dirigeants français et allemand, a rappelé le vote majoritaire des parlementaires en mars en faveur de l'envoi d'armes. 

"L'Italie continuera à travailler avec l'Union européenne et avec nos partenaires du G7 pour soutenir l'Ukraine, rechercher la paix et surmonter cette crise", a-t-il déclaré. "C'est le mandat que le gouvernement a reçu du parlement, de vous. C'est ce qui guide notre action".

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