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Telle est la question !

En musique, qu’est-ce qu’une sourdine et à quoi sert-elle ?

08 juil. 2022 à 12:02Temps de lecture2 min
Par Clément Holvoet

"Mets-la en sourdine". Nous avons déjà tous au moins une fois eu droit à cette réflexion nous demandant, plus ou moins gentiment, de baisser le ton et de parler moins fort. Mais savez-vous que la sourdine est également un outil musical ? "Qu’est-ce qu’une sourdine", telle est la question à laquelle répond pour nous Clément Holvoet.

Presque tous les instruments de musique peuvent utiliser une sourdine. Certains l’ont intégrée dans l’instrument, ils sont fabriqués comme ça, d’autres instruments doivent l’acquérir séparément, et la placer quand cela est nécessaire. C’est bien beau tout ça, mais quel est le but de cette sourdine, nous direz-vous ? La sourdine est l’accessoire qui permet d’atténuer le volume sonore de l’instrument.

Et en atténuant le volume, il change aussi le timbre du son, sa couleur. Comme dit plus haut, certains instruments ont une sourdine directement intégrée comme le piano via sa pédale, et d’autres instruments, comme les cuivres, doivent l’ajouter. Dans ce deuxième cas de figure, il existe plusieurs modèles, et ce pour chaque instrument. En général, elles ressemblent à des entonnoirs ou des cylindres et se tiennent à la main pour se placer dans le pavillon de l’instrument. En fonction de la couleur que l’on veut obtenir, on doit choisir un type de sourdine particulier. Il en existe presque une dizaine de sortes rien que pour les cuivres.

Les cordes ont, elles aussi, droit à leur sourdine et dans ce cas, les modèles sont homogènes pour tous les instruments à cordes frottées. Il en existe deux types, la plus forte, appelée sourdine d’hôtel, atténue le son très fortement, et laisse un timbre très pauvre, privé de toutes ses harmoniques. Comme son nom l’indique, elle est destinée à un travail à l’hôtel, pour ne déranger personne. Ceci dit, cette sourdine est parfois utilisée dans des compositions contemporaines puisqu’elle permet d’obtenir une couleur de son très particulière. Elle est soit en plomb, très lourde, soit en caoutchouc, beaucoup plus légère, mais avec un effet semblable. Et puis, il y a la sourdine d’orchestre, beaucoup plus petite. Comme la sourdine d’hôtel, elle vient se placer sur le chevalet, petite pièce de bois qui maintient les cordes en hauteur. Cette petite sourdine donne un son plus doux, moins fort et est beaucoup utilisée à l’orchestre. Cela donne aux cordes de l’orchestre un son feutré très intéressant pour les compositeurs.

Dans les écrits, la première mention de la sourdine semble remonter très loin, au début du XVIe siècle ! Dans une partition éditée, il semble que la première utilisation remonte au début du XVIIe avec Claudio Monteverdi, pour la Toccata qui ouvre l’Orfeo daté de 1607. Si elle est utilisée par les musiciens de l’orchestre, la sourdine n’est que très rarement utilisée par un instrument soliste. L’un des cas les plus célèbres se trouve chez Tchaïkovski et son Concerto pour violon. Dans le second mouvement, le mouvement lent, la Canzonetta, il demande que le violon soliste se munisse d’une sourdine pour interpréter la si jolie cantilène en sol mineur.

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