L'info culturelle

En quelques mots, entre texte et image, une exposition à la Maison des Arts de Schaerbeek

Daleko, Marcelline Delbecq

Une exposition autour des mots ! La Maison des Arts de Schaerbeek réunit douze artistes plasticiens qui recourent à la lettre ou au mot et tissent des liens subtils entre le texte et l’image. En quelques mots, une exposition à voir jusqu'au 30 avril prochain. 

Un simple mot peut susciter des images puissantes. Hiroshima dans une œuvre de Daniel Locus appelle et rappelle les visions d’un désastre. Quelques lettres au pouvoir allusif sont gravées sur des lattes de verre transparent dans une installation de Florian Kiniques. L’œil combine les lettres ME / TU et compose les mots MUET / MUTE qu’il interprète librement. Des phrases empruntées par Sylvie Eyberg sont recomposées sur la page en introduisant de larges espaces blancs qui convient l’imaginaire du lecteur à peupler d’images le vide apparent. L’exposition porte sur le presque rien qui suggère de multiples interprétations, car le silence que charrie le mot résonne dans l’esprit du spectateur.

Daniel Locus, Hiroshima
Florian Kiniques, latte
Florian Kiniques, rides
Godelieve Vandamme, Frontière visuelle
Marcelline Delbecq, Daleko

Lucile Bertrand, "perpetratio".

Lucile Bertrand présente l’unique œuvre sans lettre, sans mot, sans texte, mais l’image convoque le mot " silence ", car elle confronte à l’innommable ou à l’indicible. Intitulée perpetratio, (commettre un crime), l’oeuvre rassemble quinze séquences d’une image à l’apparence légère. Elles sont couvertes de points colorés qui s’obscurcissent au fil de la série et révèlent progressivement la charge dramatique de la scène représentée.

Lucile Bertrand, commissaire de l’exposition, au micro de Pascal Goffaux.

Florian Kiniques présente un ensemble de lattes en verre transparent gravées de lettres ou de mots que le regard assemble à sa guise. Il y a de multiples combinaisons. L’approche n’est pas ludique. Les lettres ont un pouvoir allusif et réflexif. L’artiste mêle toujours le sensible à l’approche conceptuelle de l’art.

Les lattes de trois longueurs différentes correspondent aux tailles des trois membres de sa famille : Florian, sa compagne et leur fils. L’usage de la latte est la mesure du corps physique. La transparence du verre renvoie à l’invisibilité du lien essentiel. Les lattes disposées dans l’espace, côte à côte ou distante, mesurent la proximité ou l’éloignement.

Florian Kiniques au micro de Pascal Goffaux.

La lettre de l’alphabet a d’abord été une image. Par exemple, la lettre A figurait une tête de taureau. A l’origine de la lettre qui est un signe abstrait, il y avait donc la représentation figurative d’un objet de la réalité. Godelieve Vandamme s’est inspirée de cette métamorphose pour réaliser la performance Frontière visuelle. Les deux mots sont formés à partir de lettres fabriquées en encre de chine congelée. L’encre fond lentement. Elle dégouline sur un support en papier. Les lettres et les mots disparaissent. La disparition de l’outil de communication signerait-elle la dissolution du langage ? La transformation de la matière crée d’autres images abstraites. Elle fait apparaître d’autres signes. Signerait-elle la reconstruction du  langage ? La métamorphose opère à l’instar de la création artistique. Elle révèle un nouveau monde à transposer en mots.

Godelieve Vandamme au micro de Pascal Goffaux.

Informations pratiques pour préparer votre visite.

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