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Enseignement secondaire : près d’un élève sur trois doit passer une seconde session

Dans le réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement, près d’un élève sur trois doit passer des examens de passage en août. C’est plus que les années précédentes. Ce taux d’échec serait fortement lié à la crise sanitaire, mais pas seulement.

Chaque année, une semaine avant les examens de seconde session, les cours de rattrapage battent leur plein. Mais cette année, c’est particulier. Le nombre d’élèves qui s’y sont inscrits est anormalement élevé.

Télia fait partie des élèves en difficulté, et c’est la première année qu’elle participe à des cours de remédiation. Elle suit des ateliers proposés durant les vacances par Echec à l'Echec. A cause des années chamboulées par la crise du Covid, la jeune fille de 15 ans a vécu un décrochage scolaire. Elle a eu du mal à s’en sortir : "Il y a des cours dans lesquels j’avais déjà des difficultés, même avant la pandémie. Mais la pandémie n’a pas aidé parce qu’on était chez nous, tout seul. Avant, quand les profs savaient qu’on avait des difficultés à cause du Covid, ils nous laissaient passer plus facilement. Quand j’avais des échecs, ils me laissaient quand même passer avec simplement un travail de vacances à rendre."

Enseignement : un élève sur trois doit repasser des examens
Enseignement : un élève sur trois doit repasser des examens Getty Images

Grâce aux cours de rattrapage, les élèves de secondaire espèrent réussir leur année. Mais parfois, les lacunes sont trop importantes. Et cela s’explique notamment par les deux années de crise sanitaire. Nombreux sont les élèves à avoir décroché, abandonnant tout espoir de réussite.

C’est un constat assez accablant

Selon Laurent Dupont, professeur de quatrième secondaire, les lacunes sont plus importantes dans certaines matières : les mathématiques et les sciences. M. Dupont donne cours de remédiation et il remarque une augmentation du nombre d’inscriptions : "Cette année, je trouve qu’on a un nombre d’élèves assez important de manière générale. C’est un constat assez accablant au niveau des résultats et au niveau de la mise au travail."

La pénurie et l’absentéisme des professeurs n’y sont pas pour rien non plus. Cédrique Saintenoy est coordinatrice pour les cours de remédiations "échec à l’échec", elle explique :"Les profs ne sont pas toujours remplacés car il y a une pénurie de professeurs. Donc forcément, quand les élèves restent un mois ou deux sans professeur, et qu’ils sont en salle d’étude, les lacunes ne vont pas s’améliorer."

En ce mois d’août, près d’un tiers des élèves du secondaire doit présenter une seconde session. Durant une année normale, on tourne plutôt autour de 20%.

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