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Exposition - Musées

Environnement : le monde de l’art peut-il combattre le réchauffement climatique ?

Le collectif Galleries Commit et l’association Art into Acres ont créé la zone de conservation régionale de Chuyapi-Urusayhua pour sauvegarder plus de 80.000 hectares de forêt tropicale péruvienne.
21 avr. 2022 à 15:19Temps de lecture3 min
Par AFP

On a souvent reproché au monde de l’art de ne pas suffisamment s’engager dans la lutte pour la préservation de l’environnement. Ce n’est désormais plus le cas. De nombreux musées se mobilisent pour préserver des territoires menacés par le réchauffement climatique.

Le Pérou est particulièrement touché par la crise environnementale. Le réchauffement climatique a provoqué la fonte de 51% de la surface des glaciers du pays au cours des cinquante dernières années, tandis que la déforestation porte atteinte à la biodiversité de départements comme Cajamarca, Cuzco, Húanuco et Ucayali.

Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement de Pedro Castillo a décidé d’instaurer de nouvelles aires de conservation pour protéger la faune, la flore et les communautés locales. Le collectif Galleries Commit a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice en s’associant à l’association Art into Acres. Les deux organisations ont récemment annoncé qu’elles avaient créé la zone de conservation régionale de Chuyapi-Urusayhua pour sauvegarder plus de 80.000 hectares de forêt tropicale péruvienne. Ce territoire est un véritable puits de carbone, comme certaines forêts tropicales de montagne situées sur le continent africain.

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Cela fait une dizaine d’années que le collectif Galleries Commit travaille à la mise en place de la zone de conservation régionale de Chuyapi-Urusayhua, avec l’aide sur le terrain de l’association Amazon Conservation Association. Ce projet a pris véritablement de l’ampleur lorsque plus de 40 musées et organisations artistiques lui ont apporté leur soutien financier. Parmi eux, les musées d’art contemporain de Chicago, Los Angeles et Toronto, le Kunstmuseum Bonn, la revue Artforum ainsi que la Galerie Frank Elbaz et Hauser & Wirth. La plupart des dons reçus s’élevaient, en moyenne, à 150 dollars (environ 139 euros), même si certains dépassaient les 9000 dollars (environ 8825 euros).

Pour Laura Lupton, cofondatrice de Galleries Commit, cette initiative montre à quel point il peut être aisé de participer à la préservation des terres menacées par la crise climatique. "Le financement de la conservation des terres est une action climatique à fort impact et à faible coût", a-t-elle déclaré à The Art Newspaper."[C’est] un vecteur puissant d’action collective. Il en résulte également une chose tangible que l’on peut pointer du doigt en disant : nous avons soutenu cela, tous ensemble".

Un milieu en pleine transition écologique

Maintenant que la zone de conservation régionale de Chuyapi-Urusayhua a été créée, Galleries Commit se dédie à la création d’outils pour accompagner le monde de l’art dans sa mue verte. Le collectif travaille actuellement avec Artists Commit, son organisation sœur dirigée par des artistes, à la rédaction d’une deuxième série de rapports sur l’impact climatique des expositions.

Ces dernières années ont vu de plus en plus d’organisations artistiques se saisir de la question environnementale. Au Royaume-Uni, une boîte à outils a été lancée fin janvier pour accompagner les musées de la région dans leur transition écologique. Cette initiative offre la possibilité aux employées de musée de suivre une formation, en physique ou à distance, pour réfléchir à la manière dont ils pourraient revoir leur fonctionnement et impliquer leurs publics pour façonner un avenir plus durable face à l’urgence climatique.

Certains musées comme le Musée royal de l’Ontario (ROM) vont plus loin en repensant leur fonctionnement en coulisses. Il a engagé Soren Brothers en tant que conservateur en changement climatique, pour qu’il incorpore le dérèglement climatique dans le fonctionnement et la programmation du ROM. En Australie, le nouveau musée d’art de Bundanon a, lui, été construit pour répondre et s’adapter aux catastrophes naturelles que doit affronter le pays. La preuve que les mentalités changent doucement mais sûrement dans le milieu de l’art.

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