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Eric van de Poele, recordman de victoires aux 24 Heures de Spa : "Il n'y a pas vraiment de secret pour gagner à Francorchamps"

Eric van de Poele célèbre sa cinquième victoire en 2008

© SRO & DPPI

Avec cinq succès au compteur (1987, 1998, 2005, 2006, 2008), le Belge Eric van de Poele est le recordman de victoire aux 24 Heures de Spa, une épreuve qui fêtera son centenaire en 2024.

Passé par la Formule 1, le DTM et bien d'autres championnats, Tintin garde une relation très particulière avec cette course.

"Francorchamps, je l’ai dans mon cœur depuis que je suis tout petit, rappelle Eric van de Poele. Je suis né à Verviers, et puis, je suis venu très tôt sur le circuit avec mon papa, qui était commissaire de piste. Ces 24 Heures, c’est évidemment quelque chose de très important pour moi. Quand j’ai débuté ma carrière, je ne voulais pas rater une seule édition, et au final j’en ai fait quelques-unes ! J’ai eu la chance de rouler sur des voitures compétitives et capables de gagner. Il n’y a vraiment pas de secret ou de formule magique pour s'imposer, il faut avant tout être dans la bonne équipe, parce que cette course ne se prépare pas lors de la semaine des 24 Heures, ça se prépare bien avant avec d’autres courses, des simulations... Les pilotes et les voitures doivent être bien rodés ! Si j’ai un conseil à donner aux pilotes, c’est d’essayer de perdre le moins de temps possible, et pas d’en gagner le plus possible. C’est là qu’on commet des petites erreurs."

Depuis sa dernière victoire en 2008, le GT1 de l'époque a laissé sa place au GT3, l'une des catégories les plus populaires en endurance ces dernières années. Le succès sera à nouveau au rendez-vous cette année, avec 66 voitures au départ.

"Actuellement, c’est formidable de voir autant de constructeurs, et les voitures sont magnifiques, tout comme le plateau, reprend le Verviétois. Malheureusement, il y a le triste règlement de la catégorisation des pilotes, ce qui "casse" beaucoup de carrières. Du coup, il n’y a qu’une dizaine de voitures qui peuvent gagner. Sans la catégorisation des pilotes, il pourrait y en avoir 35 ! Et avec la balance des performances, les voitures sont très proches. Mais le spectacle et l’organisation sont fantastiques, Stéphane Ratel (le président et fondateur de SRO, qui organise la course, ndlr) a construit quelque chose d’extraordinaire avec ces 24 Heures."

Le circuit de Spa-Francorchamps s'est offert un petit "lifting" cet hiver, avec un nouveau revêtement, de nouvelles tribunes, et le retour des bacs à graviers.

"Au niveau des tribunes et du revêtement, il y a du très bon travail qui a été réalisé, souligne Eric van de Poele. Je ne suis par contre pas trop fan du dégagement au-dessus du Raidillon : quand une voiture se met en marche arrière au-delà de 260 km/h, ce qui n’est pas le cas ici avec les GT3, elle risque de s’envoler. Cela risque d’être dangereux pour les F1 et les prototypes. Je préférerais retrouver un Raidillon légèrement plus incurvé dans sa montée, sur la droite, cela permettrait aux bons pilotes de bien passer le virage et de pouvoir faire la différence dans la ligne droite qui suit. Maintenant, ça passe complètement à fond, et pour moi, cela a moins d’intérêt. Mais le circuit a réalisé des choses extraordinaires, je vous invite vraiment à aller dans les tribunes, il y a des endroits fantastiques à redécouvrir ! Il faut revenir pour revoir le "nouveau" Francorchamps."

Vendredi et samedi, deux courses de voitures "de légende" seront organisées sur le circuit en marge des 24 Heures pour fêter les 30 ans de SRO. La Maserati MC12 GT1 avec laquelle Eric van de Poele s'est imposé à trois reprises sera notamment de la partie.

"Revoir les voitures avec lesquelles j’ai roulé, c’est toujours extraordinaire, s'enthousiasme Eric van de Poele. Les voitures, c’est ma passion ! Je me suis arrêté devant elle lors de la parade, j’ai des souvenirs merveilleux à son volant. J’ai disputé les 24 Heures cinq fois avec la MC12, trois victoires, une deuxième place, et un abandon ! C’est un souvenir dingue. J’ai eu la chance de rouler en course avec cette voiture, cela ne me pose aucun problème de ne pas la retrouver ce week-end. Il faut se mettre à la place de leurs propriétaires, qui ont ces petits bijoux entre les mains. Je comprends parfaitement qu’ils veuillent rouler avec ces voitures. Merci à eux de les remettre sur la piste, c’est aussi un réel plaisir de les voir passer, et pas seulement de les conduire !"

Voilà une autre raison de venir faire un tour dans les tribunes de Spa-Francorchamps ce week-end...

La Maserati MC12 GT1 franchit la ligne d'arrivée
La Maserati MC12 GT1 franchit la ligne d'arrivée © Andrea BERTOLINI - Michael BARTELS - Stephane SARRAZIN - Eric VAN DE POELE / Maserati MC 12 GT1 team | SRO & DPPI

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