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Et si l'idéal flamand était un cartel entre N-VA et Groen?

Joyce Azar
13 mai 2020 à 07:35 - mise à jour 13 mai 2020 à 07:35Temps de lecture3 min
Par Joyce Azar

Les Flamands ont-ils changé en 10 ans? Quels sont leurs souhaits, leurs inquiétudes, et comment perçoivent-ils les partis politiques? Un nouvel ouvrage, paru cette semaine, dresse un portrait du nord du pays. 

L’ouvrage s’intitule "L’ADN de la Flandre - Que veulent vraiment les Flamands?". Il a été rédigé par le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, et l’expert en communication, Jan Callebaut. Pour le réaliser, les auteurs se sont basés sur trois grandes enquêtes, menées par la VRT lors des élections de 2009, 2014 et 2019. Dix années, donc, qui permettent d’établir une vue d’ensemble des attentes et des préoccupations des Flamands, mais aussi de leur perception des partis politiques. 

Faillite des partis traditionnels

L’un des constats des deux auteurs est d’abord la faillite des partis politiques traditionnels. Alors qu’en 1999, les chrétiens-démocrates, les libéraux et les socialistes flamands atteignaient ensemble 60% de la population, ils n’en touchaient plus que 38% en 2019. Ces 10 dernières années, les trois partis ont énormément perdu en terme de crédibilité, et cette dégringolade prouve, selon les auteurs, que les Flamands ne se sentent plus représentés ou servis par ces trois formations. 

Selon De Vadder et Callebaut, l’Open VLD, le CD&V et le sp.a ne proposent plus de réponses aux besoins modernes et aux préoccupations actuelles des citoyens. On pensera par exemple à la position très vague des socialistes flamands concernant la migration.

Face à eux, on retrouve aussi des partis qualifiés d’utopistes, tels que Groen, le Vlaams Belang ou le PTB. Des partis qui séduisent de plus en plus de Flamands, même si ces derniers ne croient pas pour autant que ces formations mettront effectivement en oeuvre leur programme politique. 

Et la N-VA?

La N-VA se situe juste entre ces deux groupes de partis. Pour les Flamands, le parti de Bart De Wever est perçu comme une formation forte, dynamique, charismatique et responsable. Et c’est sans doute cette dernière qualité qui a finalement joué en sa défaveur, puisqu’on rappellera que la N-VA a perdu pas mal de plumes lors du dernier scrutin. D’après Ivan De Vadder, le parti n’a pas répondu aux attentes de ses électeurs qui espéraient par exemple que Bart De Wever prenne ses responsabilités en 2014 en devenant Premier ministre. Autre déception: la démission des ministres fédéraux de la N-VA suite à la discorde autour du Pacte de l’ONU sur la migration. 

Un mariage écolo-nationaliste

L’une des conclusions les plus étonnantes est sans doute celle de l’expert Jan Callebaut. Pour lui, ce dont la Flandre a aujourd’hui besoin, c’est d’une sorte de cartel entre la N-VA et… Groen. Cela peut paraître étonnant, mais d’après lui, ils formeraient ainsi une sorte de synthèse idéale des nouveaux besoins de la société, tout comme le faisait le CVP de l’époque (l’ancien parti chrétien flamand). Dans la pratique, inutile de vous dire qu’il est fortement improbable que les écologistes et les nationalistes flamands s’unissent un jour. 

Survivre

D’après Jan Callebaut, les trois partis traditionnels ne sont pas encore condamnés, mais l’année qui arrive sera cruciale. Et autant dire que le coronavirus va jouer un rôle déterminant. Il faut savoir que sur les dix dernières années, les préoccupations des Flamands ont partiellement évolué. En 2014, la migration était dominante, alors qu’en 2019, c’est le climat qui s’est ajouté aux inquiétudes. Mais une constante est restée perceptible tout au long de cette période: il s’agit des craintes au niveau socio-économique, et au niveau de la santé. L’une des plus grandes peurs des Flamands est d’ailleurs… de tomber malade. 

Alors que le débat politique tournera désormais autour de la facture de la crise sanitaire mais aussi d’une éventuelle communautarisation des soins de santé, les problématiques liées à l’environnement et la migration ne vont pas disparaître. Les partis traditionnels vont donc devoir prendre des positions fortes, voire même se réinventer, pour éviter de poursuivre leur processus de désintégration. 

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